Au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, ouvert par le président Bassirou Diomaye Faye, le chef de l’État sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la CEDEAO, a livré un plaidoyer appuyé pour une paix durable fondée sur l’inclusion et la gouvernance. « La paix ne se résume pas à l’absence de guerre », a-t-il insisté.
Dans un discours marqué par une référence à Kwame Nkrumah, il a rappelé que « le véritable progrès ne se mesure pas seulement en termes économiques », mais aussi à « la santé, l’éducation et la dignité des citoyens ». Un idéal qui, selon lui, reste encore « un chantier inachevé » en Afrique de l’Ouest.
Face aux défis actuels, Julius Maada Bio a pointé les « paradoxes préoccupants » de la région, où « des avancées remarquables coexistent avec des fragilités persistantes ». Il a notamment alerté sur une jeunesse tiraillée entre innovation et marginalisation, certaines étant « happées par les cycles de violence ou d’extrémisme » faute d’opportunités.
Insistant sur une approche globale de la sécurité, il a martelé que « la paix ne se résume pas à l’absence de guerre », mais repose sur « la confiance, la justice sociale et la capacité à offrir un avenir ». D’où son appel à investir prioritairement dans « l’éducation, l’inclusion et la dignité humaine », considérées comme « nos meilleures garanties contre l’instabilité ».
Le président en exercice de la CEDEAO a également réaffirmé la vocation de l’organisation régionale : « la CEDEAO n’a pas été créée pour protéger des régimes, mais pour défendre les peuples, la démocratie et l’État de droit ». Il a plaidé pour un changement de paradigme, privilégiant « la prévention à l’intervention » et des « solutions africaines aux problèmes africains ».
Sur le plan international, Julius Maada Bio a insisté sur la nécessité de partenariats « équitables et respectueux », soulignant : « Nous avons besoin de partenaires qui accompagnent, non de partenaires qui dictent ».
Enfin, évoquant les effets du changement climatique, il a averti que la compétition pour les ressources devient « un facteur croissant de conflits », appelant à intégrer pleinement ces enjeux dans les stratégies de paix.
En conclusion, il a décliné trois priorités : « gouverner avec intégrité », « investir massivement dans les populations, notamment les jeunes et les femmes » et « renforcer la solidarité régionale ». Avant de rappeler, en forme d’avertissement : « La démocratie n’est pas une destination. C’est une discipline. »


