Le face-à-face entre Washington et Téhéran s’intensifie autour du détroit d’Ormuz. Alors que la trêve expire le 22 avril 2026, l’Iran a fait marche arrière sur la réouverture de ce passage stratégique, en réponse au blocus maintenu par les États-Unis.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les tensions ont brusquement repris ce week-end. Les forces iraniennes ont ouvert le feu sur plusieurs navires tentant de traverser le détroit. L’Inde a d’ailleurs convoqué l’ambassadeur iranien à New Delhi pour exprimer sa vive inquiétude après que deux navires battant pavillon indien ont été ciblés. La société de sécurité maritime Lloyd’s List a confirmé que le trafic maritime dans la zone s’était complètement arrêté.
La marine des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a fermement indiqué que le détroit d’Ormuz ne retrouverait pas son statut antérieur tant que le blocus sur les ports iraniens, initié le 14 avril 2026, ne serait pas levé. Le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié ce blocus d’insensé, soulignant qu’aucun autre navire ne transiterait sans l’accord préalable de Téhéran.
De son côté, Donald Trump a durci le ton dimanche sur le réseau Truth Social. S’il a confirmé que des négociateurs américains se rendaient lundi à Islamabad, au Pakistan, pour tenter de finaliser un accord, il a proféré de nouvelles menaces. En cas de refus iranien, le président américain a promis de détruire la totalité des centrales électriques et des ponts du pays, ravivant le spectre des infrastructures stratégiques ciblées lors des récents bombardements.
Le programme nucléaire iranien demeure le principal point d’achoppement de ces discussions. Le dirigeant américain a réitéré sa volonté de récupérer ce qu’il nomme la « poussière nucléaire » de l’Iran. Il a précisé à l’agence Reuters son intention de procéder à des excavations avec de grands engins de chantier pour extraire l’uranium enrichi enfoui dans les sites frappés l’année dernière. D’après Al Jazeera, cette ressource convoitée représente une masse estimée à 440 kilos.
Face à ces exigences, le président iranien Masoud Pezeshkian a dénoncé une privation injustifiée des droits souverains de sa nation. L’allégation d’une militarisation du programme nucléaire iranien est d’ailleurs contredite par Tulsi Gabbard. La directrice du renseignement américain a témoigné devant le Congrès en mars 2025 que l’Iran ne construisait pas d’arme nucléaire, un programme suspendu depuis 2003 par l’ayatollah Ali Khamenei, tué en février lors de frappes qui ont visé plusieurs hauts responsables. Le fils de ce dernier, Mojtaba Khamenei, a été désigné pour lui succéder.
Enfin, l’évolution de la situation à Ormuz reste liée au fragile cessez-le-feu de 10 jours au Liban. L’accord est vivement rejeté par le Hezbollah, principal allié régional de l’Iran, qui dénonce une insulte à son pays et maintient ses forces combattantes en alerte maximale.


