Moins de 24 heures après sa réouverture temporaire, le détroit d’Ormuz se retrouve à nouveau au centre des affrontements entre Téhéran et Washington. La marine iranienne a soudainement revu sa position concernant cette voie maritime stratégique.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a officiellement annoncé samedi la fermeture de ce point de passage. La force navale prévient que tout navire s’approchant de la zone sera ciblé. Le CGRI lie cette décision à la présence militaire de Washington, exigeant la levée du blocus naval imposé aux navires et ports iraniens. Téhéran considère ce blocus américain comme une violation du cessez-le-feu en cours dans le cadre de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
L’avertissement a été immédiatement suivi de tirs. La marine iranienne a visé deux navires de commerce battant pavillon indien ce samedi. Ces incidents armés ont été confirmés par le ministère indien des Affaires extérieures ainsi que par l’agence de sécurité maritime britannique (UKMTO). Des messages radio ont également été transmis par le CGRI à plusieurs navires marchands naviguant dans la région, leur intimant l’ordre de ne pas franchir le détroit.
Face à ce durcissement, Donald Trump a fermement rejeté toute tentative de chantage de la part de Téhéran. Il a souligné que le blocus naval américain resterait pleinement opérationnel. Le dirigeant américain a par ailleurs formulé un avertissement direct : il mettra fin au cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban si aucun accord global n’est conclu avant son expiration, prévue ce mercredi.
Au sein de la République islamique, les hauts responsables maintiennent un discours intransigeant. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, par ailleurs négociateur en chef, a fustigé le maintien du blocus par les Américains, réaffirmant le contrôle total de l’Iran sur le détroit d’Ormuz. Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a pour sa part déclaré que les forces navales étaient prêtes à infliger de « nouvelles défaites amères » à leurs ennemis.
Comme l’observe notre rédaction, cette brusque escalade anéantit le bref regain d’optimisme observé la veille sur les marchés, où les prix du pétrole avaient baissé à la suite d’une annonce d’ouverture totale de la voie maritime par le ministre iranien des Affaires étrangères. Plus d’une douzaine de navires de commerce avaient d’ailleurs pu franchir le passage avant ce retour inattendu au point de départ.


