À l’approche de la fin de la trêve prévue le 22 avril entre les États-Unis et l’Iran, la question des fonds iraniens bloqués à l’étranger s’impose comme un enjeu des pourparlers d’Islamabad. Alors que l’économie iranienne subit les sanctions internationales, Téhéran a fixé une exigence financière préalable à la poursuite du dialogue.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a indiqué qu’une partie des avoirs doit être libérée avant toute négociation. La demande de Téhéran se concentre sur le dégel d’au moins 6 milliards de dollars comme mesure de confiance. Si des informations ont circulé sur un accord de Washington à ce sujet, le gouvernement américain les a démenties, affirmant que les fonds restent gelés.
Le volume global de ces ressources immobilisées est documenté. D’après les données officielles et les experts cités par Al Jazeera, plus de 100 milliards de dollars d’actifs iraniens se trouvent dans des banques étrangères. Ce chiffre équivaut à environ quatre fois les recettes annuelles du pays en hydrocarbures, soit près d’un quart de son produit intérieur brut (PIB).
La répartition de ces fonds implique plusieurs nations. En marge des tractations diplomatiques menées au Pakistan, la Chine concentre la part la plus importante avec au moins 20 milliards de dollars. L’Inde détient 7 milliards et l’Irak 6 milliards. Le Qatar abrite également 6 milliards de dollars, des fonds initialement débloqués de Corée du Sud en 2023 avant d’être à nouveau gelés par l’administration américaine à la suite d’attaques survenues en octobre. La liste inclut aussi le Japon (1,5 milliard), l’Union européenne (1,6 milliard) et les États-Unis (environ 2 milliards).
Le gel de ces capitaux pèse sur une économie marquée par l’inflation et la dépréciation du rial. Ces difficultés ont contribué aux manifestations de décembre 2025 et janvier 2026, réprimées par les forces de sécurité avec un bilan de plusieurs milliers de morts. Les autorités iraniennes ont imputé ces troubles à des éléments soutenus par l’étranger, et le Président américain Donald Trump a récemment confirmé l’envoi d’armes américaines à certains manifestants.
Pour Téhéran, le retour de ces liquidités financerait la stabilisation de la monnaie et la réparation des infrastructures industrielles, selon la chercheuse Roxane Farmanfarmaian. Du côté américain, le politologue Chris Featherstone précise qu’un tel dégel constituerait un signal diplomatique en faveur d’une diminution de la pression financière, tout en reflétant l’approche de l’actuelle administration américaine face à la situation.


