Dans une récente déclaration, l’expert électoral Abdoulaye Ndiaga Sylla a exprimé des préoccupations importantes concernant une proposition de loi visant à modifier le code électoral. Son analyse met en lumière plusieurs changements qu’il juge sensibles, tant sur le plan juridique que démocratique.
Des modifications jugées significatives
Selon lui, le texte envisagé introduit une évolution notable en ne prohibant plus l’inscription sur les listes électorales d’un contumax (personne condamnée par contumace). Il souligne également que la réforme permettrait à certaines personnes condamnées à des peines lourdes, notamment pour des infractions graves, de continuer à exercer leur droit de vote.
Ces dispositions, estime-t-il, marquent une rupture avec certaines pratiques antérieures en matière d’encadrement du corps électoral.
Un contraste entre les articles du code
L’expert rappelle que l’article L.30 du code électoral n’a pas été modifié depuis plus de quarante ans, ce qui témoigne d’une certaine stabilité juridique sur ce point. En revanche, l’article L.29 a connu une révision récente en 2023, illustrant une dynamique de réforme partielle du dispositif électoral.
Pour Abdoulaye Ndiaga Sylla, ce décalage entre des dispositions anciennes inchangées et d’autres récemment modifiées pose la question de la cohérence globale du cadre juridique.
Une méthode critiquée
Au-delà du contenu, c’est aussi la démarche adoptée qui suscite des critiques. L’expert estime que la méthode utilisée rompt avec les standards habituellement observés en matière de réformes électorales, qui privilégient en général le consensus et l’inclusivité.
Des interrogations sur la conformité internationale
Enfin, Abdoulaye Ndiaga Sylla évoque une possible non-conformité du texte avec certaines normes internationales, notamment celles portées par l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies.
Ces observations ouvrent un débat plus large sur l’équilibre entre inclusion électorale, sécurité juridique et respect des engagements internationaux.
Un débat appelé à se poursuivre
Alors que la réforme suscite déjà des réactions, cette prise de position contribue à alimenter le débat public. Elle met en évidence les enjeux sensibles liés à toute modification du code électoral, dans un contexte où la transparence et la crédibilité du processus électoral restent des priorités majeures.

