Face à la grève illimitée lancée par la Fédération des transporteurs du Sénégal, le Directeur général des transports, Aboubacar Fall, a réaffirmé l’engagement de l’État pour garantir la sécurité des usagers et le maintien du transport public.
« Nous avons tenu une réunion de négociation hier de 11h à 21h. Les discussions ont été calmes, mais il y a des divergences persistantes », a-t-il expliqué sur la rfm, faisant référence au refus des syndicats de lever le mot d’ordre de grève malgré les propositions du ministère.
Des points de désaccord multiples
Interrogé sur les principaux points de désaccord, Aboubacar Fall a précisé : « Il y a plusieurs points. Le premier concerne les contrôles de sécurité des véhicules. Depuis notre première rencontre avec les syndicats, nous avons insisté sur le fait que tous les véhicules doivent passer les vérifications, que ce soit à Dakar ou dans les régions, afin de continuer à obtenir et maintenir leur licence de transport. »
Il a également abordé la question de la circulation nocturne : « Depuis 2023, il est interdit aux transporteurs de rouler de 0h à 5h du matin. Certains syndicats demandent l’annulation de cette mesure ou un décalage de l’heure de 5h à 7h. Nous avons examiné leurs arguments, mais aucune justification valable ne permet de lever cette restriction. »
Enfin, sur la concurrence déloyale et les véhicules illégaux dits Clando, le DG des transports a souligné : « Nous sommes tous d’accord sur le principe de lutter contre ce fléau, mais cela nécessite un plan progressif et réaliste, et non une suppression immédiate de tous les véhicules informels. »
Aucune date fixe pour « Sabah mobile »
Concernant l’opération « Sabah mobile », Aboubacar Fall a indiqué qu’aucune date de démarrage n’est encore fixée. « La priorité reste de ne pas empêcher les opérateurs de continuer leurs activités. Les opérations de contrôle continueront au niveau du centre technique de Dakar et dans les régions. La sécurité est non négociable : chaque véhicule doit être vérifié pour pouvoir continuer à circuler », a-t-il précisé.
Un comité a été mis en place pour étudier toutes les propositions des transporteurs et assurer le suivi des mesures. « Nous avons déjà mis en place un comité chargé d’avancer sur les sujets, de faire des propositions et d’en assurer le suivi », a-t-il ajouté.
Sécurité et responsabilité de l’État
Pour Aboubacar Fall, la grève ne saurait remettre en cause les mesures de sécurité : « L’État est pleinement engagé à garantir un transport public sûr et de qualité pour tous. Entre le 1er janvier et le 15 février, nous avons enregistré plus de 50 morts sur les routes. Ce n’est pas acceptable et nous ne pouvons reculer face à des revendications qui mettent la vie des citoyens en danger. »
Il a rappelé que même dans les zones hors Dakar, l’État a pris ses responsabilités : « Nous avons mis à disposition tous ceux qui voulaient voyager et qui se sont présentés sur les sites ont pu être transportés tranquillement. »
Une ligne rouge : la sécurité
« La sécurité reste notre ligne rouge. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur des mesures qui sauvent des vies », a insisté le Directeur général des transports, faisant référence aux recommandations des États généraux des transports , partiellement mises en œuvre.
Aboubacar Fall conclut sur la nécessité de continuer le dialogue : « Nous voulons avancer avec les syndicats, mais pas au détriment de la sécurité des usagers. Les discussions se poursuivent dans le cadre du comité, avec pour objectif de concilier les revendications des transporteurs et l’impératif de protéger les citoyens. »


