Aux États-Unis, la Cour suprême a levé l’obstacle juridique qui empêchait l’abandon des poursuites pénales contre un proche allié du président Donald Trump. Cette décision fait suite à une demande explicite du ministère américain de la Justice.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, la plus haute juridiction américaine a autorisé le département de la Justice à classer définitivement le dossier de Steve Bannon. L’ancien conseiller stratégique de la Maison-Blanche, aujourd’hui âgé de 72 ans, avait été condamné en 2022 pour outrage au Congrès.
Il avait purgé une peine de quatre mois de prison pour avoir refusé de témoigner ou de fournir des documents à la commission parlementaire chargée d’enquêter sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Sa libération de la prison fédérale de Danbury est intervenue une semaine avant la victoire électorale de Donald Trump face à Kamala Harris lors de la présidentielle de 2024.
L’administration Trump, par l’intermédiaire de son ministère de la Justice, avait déposé une motion pour faire annuler la décision de la juridiction inférieure. Dans les documents officiels soumis à la Cour suprême, le ministère a justifié cette démarche en affirmant que l’abandon des poursuites était « dans l’intérêt de la justice ». Il s’agit de l’une des multiples actions entreprises par le département ayant bénéficié aux soutiens du président républicain depuis son retour au pouvoir.
L’avocat de la défense, Evan Corcoran, a salué cette décision intervenue lundi. Il a déclaré que la Cour suprême venait d’annuler une « condamnation injuste », estimant que « la politique et les poursuites judiciaires ne font pas bon ménage ».
Si cette annulation procédurale permet d’effacer la condamnation du casier judiciaire de Steve Bannon, son impact matériel reste limité puisqu’il a déjà purgé l’intégralité de sa peine. À sa sortie de détention, l’homme politique s’était qualifié de prisonnier politique, affirmant à la presse être sorti « renforcé » de son incarcération avant de reprendre l’animation de son podcast.
Notre rédaction note que cette procédure s’inscrit dans une dynamique plus large. Donald Trump a récemment accordé des grâces à de nombreuses personnes condamnées en lien avec les émeutes du 6 janvier, ainsi qu’à plusieurs alliés politiques visés par des dossiers pénaux liés aux tentatives de renversement des résultats de l’élection de 2020.


