Le président américain Donald Trump a adressé un nouvel ultimatum direct à Téhéran. Pour forcer la réouverture du détroit d’Ormuz, le locataire de la Maison-Blanche a fixé une échéance précise, assortie d’une menace de destruction massive visant des cibles stratégiques sur le territoire iranien.
La date butoir est fixée au mardi 7 avril à 20 heures, heure de l’Est des États-Unis (minuit GMT le 8 avril). Passé ce délai, si le détroit n’est pas rouvert, Donald Trump menace de détruire les centrales électriques et les ponts nationaux de l’Iran. Cette exigence fait suite à un premier avertissement lancé le 21 mars, dont l’échéance de 48 heures avait été repoussée à plusieurs reprises. Le président américain avait alors justifié ces reports par des progrès dans des négociations en cours, des pourparlers directs que Téhéran dément formellement. Cette escalade verbale s’inscrit dans un contexte régional volatil où l’Iran a déjà répondu aux précédentes annonces de Donald Trump en ciblant d’autres pays de la région.
Concernant les infrastructures routières, la menace est déjà suivie d’effets sur le terrain. Le week-end dernier, une frappe conjointe américano-israélienne a touché le pont B1 dans la ville de Karaj, à l’ouest de Téhéran. Présenté comme le plus haut pont du Moyen-Orient, l’ouvrage a subi des dommages importants alors qu’il devait être inauguré prochainement.
Le volet énergétique de l’ultimatum suscite également de vives inquiétudes. Bien qu’aucune cible spécifique n’ait été formellement nommée, Donald Trump a déclaré que les Iraniens allaient perdre « chaque centrale électrique et chaque autre usine qu’ils possèdent dans tout le pays ». Le réseau électrique iranien, l’un des plus vastes du Moyen-Orient, alimente 92 millions de personnes. Selon les données relayées par Al Jazeera, ce système repose à 86 % sur le gaz naturel et compte des centaines d’installations, dont la centrale de Damavand, la plus grande du pays avec une capacité de 2 900 mégawatts.
L’infrastructure nucléaire est également exposée. La centrale de Bouchehr, unique installation nucléaire opérationnelle d’Iran, a déjà été visée à plusieurs reprises par les États-Unis et Israël. L’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (AEOI) a alerté sur les risques de contamination radioactive au-delà des frontières iraniennes en cas de nouvelle attaque. De leur côté, des experts juridiques soulignent que le ciblage délibéré d’infrastructures civiles s’apparente à une punition collective, une pratique strictement interdite par le droit international régissant les conflits armés.


