Alors que les hostilités s’intensifient au Moyen-Orient, une proposition détaillée pour mettre fin à la guerre a été formulée par une figure diplomatique iranienne. Si le document avance des concessions majeures pour apaiser Washington, les pays voisins ont rapidement identifié une lacune stratégique dans cette feuille de route.
L’ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a publié vendredi dans la revue Foreign Affairs un plan visant à dépasser le stade d’un simple cessez-le-feu. Cette initiative intervient dans un climat de haute tension, le président américain Donald Trump ayant lancé un ultimatum de 48 heures à Téhéran pour trouver un accord, sous peine de représailles massives.
Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, la proposition iranienne repose sur plusieurs engagements concrets. Téhéran offrirait de limiter son programme nucléaire sous surveillance internationale, en plafonnant l’enrichissement de l’uranium à 3,67 %, bien en deçà des 60 % actuels estimés par l’AIEA. Le plan inclut également la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime vitale bloquée depuis le début du conflit le 28 février. En contrepartie, l’Iran exige la levée de toutes les sanctions internationales et la signature d’un pacte de non-agression mutuelle avec les États-Unis.
L’ancien chef de la diplomatie suggère par ailleurs la création d’un consortium régional pour l’enrichissement du combustible, impliquant la Chine, la Russie et les États-Unis, ainsi qu’un cadre de sécurité élargi intégrant les pays du Golfe, l’Égypte, le Pakistan et la Turquie.
Cependant, la réception de cette offre par les acteurs régionaux met en lumière les fractures actuelles. Les responsables des pays du Golfe ont vivement réagi, pointant du doigt les récentes attaques iraniennes contre leurs infrastructures. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a souligné que le document ignorait « l’une des failles fondamentales de la stratégie iranienne : l’agression contre ses voisins arabes du Golfe ».
Une position partagée par l’ancien Premier ministre qatari, Hamad ben Jassem Al Thani. Tout en reconnaissant une approche tactique dans certaines parties du texte, il a rappelé à la partie iranienne que la destruction des infrastructures régionales a entraîné la perte d’alliés régionaux et l’érosion d’une confiance construite sur plusieurs années.


