Sur la lancée de la Coupe d’Afrique remportée avec le Sénégal, Lamine Camara s’est imposé dans l’entrejeu de Monaco, meilleure équipe de Ligue 1 sur la phase retour, qui lorgne la troisième place de Marseille, qu’il reçoit dimanche.
« Il ne reçoit pas la reconnaissance qu’il mérite », a assuré vendredi le gardien de l’ASM Lukas Hradecky, dont les yeux se sont illuminés à l’évocation de son coéquipier. « C’est un grand joueur. »
« Depuis son retour de la CAN, il est l’un de nos meilleurs joueurs. Il a clairement pris une nouvelle dimension. Lamine est un joueur clé de notre remontée actuelle et de notre série de victoires. Il possède un gros caractère », a développé le Finlandais de 36 ans.
Adoubé par ses pairs, Camara l’est également par son entraîneur : « Mes premières semaines se sont faites sans sa présence parce qu’il était blessé (entorse à une cheville, ndlr) », se souvient Sébastien Pocognoli. « Une fois revenu à l’entraînement, on a senti directement son impact. Puis, il est monté en puissance, comme l’équipe. »
Monaco a remporté ses six derniers matches de Ligue 1 pour s’offrir une chance de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions, un objectif qui semblait inatteignable en début d’année.
Camara applique la doctrine de l’entraîneur belge de l’ASM : s’entraîner à haute intensité la semaine pour une reproduction en match. « Lamine est dans ce processus », a expliqué Pocognoli. « Lamine Camara s’entraîne tous les jours comme un grand professionnel, il vit comme un grand professionnel. »
– « Plus de responsabilités et d’exigence » –
Revenu de la CAN en champion, « le meilleur moment de ma carrière », a-t-il assuré, après la finale remportée face au Maroc, pays hôte (le trophée a depuis été attribué par la CAF au Maroc sur tapis vert, mais la Fédération sénégalaise a fait appel devant le Tribunal arbitral du sport, ndlr), il a rapidement « oublié la compétition pour aider Monaco à se qualifier en Ligue des champions la saison prochaine », assurait-il il y a un mois.
Camara a toujours cru à une remontée de son équipe. Depuis la fin janvier et son retour, il martèle que Monaco peut accrocher le podium. Sept victoires et deux nuls plus tard, cette possibilité existe.
« Lamine possède désormais un nouveau statut, il est devenu un grand nom dans son pays », a souligné Pocognoli. « Il apprend à passer ce cap. Mais il est revenu avec la même humilité, la même soif de travail, la même concentration. Je dirais même qu’il s’est mis plus de responsabilités et qu’il a plus d’exigence vis-à-vis de lui et de ses coéquipiers. C’est très bien parce que le groupe en a besoin. Cela démontre un grand potentiel pour le futur. »
Combatif, dur au mal, travailleur infatigable mais aussi fin technicien, Camara est ambitieux. « Le coach me dit souvent de dépasser ma fonction, d’aller presser, d’aider les attaquants et les milieux offensifs à presser haut », a-t-il précisé. « Surtout lorsqu’on voit qu’ils sont fatigués. Je suis là pour ça. »
Il est également l’un des tireurs attitrés de l’équipe, « parce que j’ai une très bonne qualité sur coups de pied arrêtés », a-t-il assumé. En Principauté, tout le monde se souvient de son lob de 58 mètres sur Philipp Köhn le 22 octobre 2023, alors qu’il évoluait à Metz. Quelques mois plus tard, il signait pour cinq ans à Monaco.
Aujourd’hui, des géants européens ont les yeux sur lui. Mais il sait que sa marge de progression demeure importante. Et il compte encore grandir avant un départ.


