Le président français a profité de son déplacement en Asie pour redéfinir les contours du partenariat stratégique entre Paris et Séoul. Lors d’un forum économique franco-coréen organisé vendredi dans la capitale sud-coréenne, le chef de l’État a dressé le bilan des échanges bilatéraux tout en soulevant une disparité financière notable et en formulant des avertissements précis sur le commerce mondial.
Devant un parterre de chefs d’entreprises et de responsables politiques réunis au siège de la Fédération des industries coréennes (FKI), Emmanuel Macron a salué la dynamique des relations entre les deux pays. Selon l’agence Anadolu, le volume des échanges franco-coréens a enregistré une hausse de plus de 50 % au cours des dernières années, englobant des secteurs variés allant de l’agroalimentaire aux technologies de pointe.
Le président français a néanmoins mis en exergue une asymétrie prononcée dans les flux de capitaux. Les données présentées indiquent que les investissements français en Corée du Sud sont cinq fois supérieurs à ceux des entreprises sud-coréennes en France. Affirmant qu’« il n’y a aucune raison à cela », il a appelé les acteurs économiques locaux à intensifier leur présence dans l’Hexagone. Pour appuyer son propos, il a mis en avant l’attractivité du marché français, citant les récentes réformes du code du travail, une fiscalité compétitive et l’accès à une énergie décarbonée abondante, particulièrement adaptée aux projets industriels tels que les data centers.
L’intervention a également pris une dimension géopolitique. Face aux tensions actuelles, Emmanuel Macron a alerté sur les déséquilibres mondiaux en ciblant directement les politiques de deux acteurs majeurs. Il a d’une part pointé les « surcapacités » industrielles de la Chine, et d’autre part critiqué l’approche économique des États-Unis. Il a reproché à Washington son recours croissant aux tarifs douaniers pour régler les déséquilibres internationaux et l’imposition de mesures extraterritoriales dans des secteurs stratégiques comme les biotechnologies et la pharmacie.
Pour faire face à ces dynamiques, le dirigeant a plaidé pour la construction de chaînes de valeur plus résilientes, résumant sa position par la volonté de « coopérer avec tous, mais ne dépendre de personne ». Il a défendu un modèle européen fondé sur la prévisibilité et le respect des règles du commerce mondial.
Ce forum s’inscrit dans le cadre du 140ᵉ anniversaire des relations diplomatiques franco-coréennes, qualifiées de « singulières » par le chef de l’État. L’agenda bilatéral se poursuivra prochainement avec le sommet économique « Choose France » prévu en juin, suivi d’une visite d’État sud-coréenne à Paris programmée pour le mois de septembre.

