Le blocage partiel de l’administration fédérale américaine se prolonge, affectant directement le fonctionnement du département de la Sécurité intérieure (DHS). Au cœur de cette impasse politique figure un désaccord profond sur le financement des agences d’immigration, avec des répercussions immédiates sur le trafic aérien national.
Depuis la mi-février, les agents de la Transportation Security Administration (TSA), chargés de la sécurité dans les aéroports, travaillent sans rémunération. Face à cette situation qui perdure depuis six semaines, les arrêts maladie se multiplient et les démissions s’accumulent, provoquant de longues files d’attente et des retards importants pour les voyageurs à travers le pays.
Pour contourner l’inaction du Congrès, le président Donald Trump a signé un décret exécutif permettant de rémunérer les agents de la TSA. Le financement est puisé dans les fonds alloués l’année précédente par la loi budgétaire « One Big Beautiful Bill Act », bien que la Maison Blanche n’ait pas encore précisé quelles lignes de crédit ont été réaffectées. Le chef de l’État a également ordonné le déploiement d’agents des douanes (ICE) dans les aéroports et a annoncé, via le réseau Truth Social, la signature imminente d’un nouveau décret visant à payer l’intégralité des employés du DHS.
Cette crise découle d’un bras de fer législatif. Le Sénat a adopté un texte pour financer le DHS, mais en excluant l’agence de contrôle des douanes (ICE) et le service des frontières (CBP). Les démocrates exigent des réformes préalables des procédures d’immigration, notamment la fin du profilage racial et l’utilisation systématique de caméras piétons. Ces revendications font suite à la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, tués par des agents fédéraux dans le Minnesota en janvier dernier.
De leur côté, les dirigeants républicains de la Chambre des représentants refusent de soumettre le projet de loi sénatorial au vote. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, une proposition en deux étapes a bien été avancée par les leaders parlementaires pour financer séparément le DHS d’une part, et les agences d’immigration d’autre part. Donald Trump a soutenu cette initiative tout en accusant l’opposition de mener une politique radicale.
Les syndicats et les organisations de sécurité des transports dénoncent les conséquences de cette paralysie sur les conditions de vie des travailleurs. En parallèle, les enquêtes d’opinion montrent une hausse de la désapprobation publique concernant les opérations migratoires depuis les événements meurtriers de janvier, une dynamique que les analystes surveillent à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre.


