Les tensions diplomatiques s’intensifient entre Buenos Aires et Téhéran. Les autorités argentines ont décidé de renvoyer le représentant diplomatique iranien en poste dans le pays, marquant une nouvelle escalade dans des relations bilatérales déjà fragiles. Cette mesure radicale fait suite à un échange de déclarations hostiles entre les deux capitales.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, l’Argentine a officiellement déclaré le chargé d’affaires iranien, Mohsen Tehrani, persona non grata. L’ordre d’expulsion a été émis par le ministère argentin des Affaires étrangères en réponse au rejet par Téhéran d’une récente décision de Buenos Aires. Celle-ci consistait à inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations qualifiées de terroristes.
La diplomatie iranienne avait fermement condamné cette classification, l’assimilant à une action dirigée contre sa sécurité et ses intérêts nationaux. Téhéran a par ailleurs affirmé que la décision argentine avait été prise sous la pression d’Israël. En retour, Buenos Aires a dénoncé un communiqué contenant des accusations jugées fausses et offensantes à l’encontre de ses plus hautes autorités. Le ministère argentin a qualifié cette posture d’ingérence inacceptable dans ses affaires intérieures et de déformation délibérée de ses prérogatives légales.
Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte d’alignement stratégique assumé par le président argentin Javier Milei. Ce dernier affiche un soutien inconditionnel à Israël et se rapproche de l’administration du président Donald Trump aux États-Unis, dont le pays a soutenu l’économie argentine avec un plan de sauvetage de 20 milliards de dollars l’année dernière. La désignation du CGRI par l’Argentine s’aligne d’ailleurs sur des mesures similaires adoptées par Washington en 2019, suivis par l’Union européenne en janvier dernier.
En toile de fond de cette rupture, le contentieux historique lié à l’attentat de 1994 contre un centre juif à Buenos Aires reste omniprésent. L’attaque, qui a fait des dizaines de victimes, a récemment fait l’objet d’une décision de justice argentine désignant l’Iran comme responsable, un argument repris par le gouvernement de Javier Milei pour justifier le classement du CGRI. Si Téhéran continue de nier toute implication et dénonce une enquête soumise à des influences politiques, Buenos Aires accuse de son côté la République islamique de refuser de coopérer et d’entraver la progression de la justice.


