L’Afrique du Sud fait face à une crise sécuritaire qui paralyse ses plus grands centres urbains. Pour tenter d’enrayer une dynamique de violence marquée par des dizaines de meurtres quotidiens, les autorités ont décidé de changer d’approche opérationnelle en déployant des moyens exceptionnels au cœur des quartiers les plus sensibles.
La réponse de l’État prend la forme de l’« Opération Prosperité ». Sur instruction du président Cyril Ramaphosa, 2 200 soldats des Forces de défense nationale sud-africaines (SANDF) ont été mobilisés pour prêter main-forte aux services de police (SAPS). Ces troupes sont déployées pour une durée d’un an dans les zones les plus touchées par la criminalité, avec une concentration particulière sur Le Cap et Johannesburg.
Selon l’agence Anadolu, le dispositif a été officiellement inauguré au Cap, une métropole particulièrement ciblée par les guerres de territoire. Les militaires ont pris position dans la région du Cape Flats, qui abrite plus de la moitié des cinq millions d’habitants de l’agglomération. Dès les premières heures de l’opération, des descentes et des fermetures de rues ont été opérées dans le quartier de Mitchells Plain, un secteur gangrené par une forte activité criminelle. L’objectif est de neutraliser des organisations fortement implantées telles que « The Numbers Gang », les « Americans », les « Hard Livings » ou les « Fancy Boys ». Ces groupes s’affrontent pour le contrôle du trafic de drogue, des réseaux d’extorsion et de l’exploitation minière illégale.
L’urgence de cette mesure est dictée par des statistiques documentées. Les données rapportées par Anadolu indiquent qu’en 2025, le pays a enregistré 23 672 homicides, soit une moyenne de 65 meurtres par jour. Sur la même période, les autorités ont recensé plus de 132 000 vols, environ 53 000 agressions sexuelles et plus de 34 000 vols de véhicules.
Pour financer ce déploiement massif impliquant une visibilité accrue, des patrouilles conjointes et des contrôles routiers, le Parlement sud-africain a approuvé le mois dernier une enveloppe budgétaire de 823 millions de rands, soit environ 49 millions de dollars. Une présence militaire qui, selon la presse locale, a été favorablement accueillie par de nombreux habitants des townships, confrontés quotidiennement aux violences liées aux gangs.

