Engagés dans un conflit frontalier meurtrier depuis plusieurs mois, le Pakistan et l’Afghanistan amorcent une phase de désescalade. Des délégations des deux pays ont entamé des discussions préliminaires afin d’obtenir un cessez-le-feu et de stabiliser une région marquée par des attaques récurrentes.
C’est dans la ville d’Urumqi, dans le nord-ouest de la Chine, que les officiels des deux nations ont pris place. Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, Pékin, qui partage des frontières avec les deux États, a initié cette médiation pour tenter de mettre fin aux hostilités qui perturbent les échanges commerciaux et les déplacements depuis le mois d’octobre.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé la tenue de ces négociations au niveau technique, espérant aboutir à une solution durable. La diplomatie afghane a, de son côté, dépêché une délégation de niveau intermédiaire pour aborder la gestion de la sécurité, le bon voisinage et le renforcement des relations commerciales.
Les tensions entre Islamabad et Kaboul reposent sur des griefs sécuritaires. Le Pakistan reproche à l’Afghanistan d’héberger des combattants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe allié aux talibans afghans, qui mènent des opérations sur son sol. Les autorités de Kaboul rejettent ces affirmations, qualifiant cette insurrection de problème strictement interne au Pakistan.
Le mois dernier, une première tentative de conciliation menée par un envoyé spécial chinois avait été suivie d’une frappe pakistanaise sur un centre de réhabilitation à Kaboul. D’après les responsables afghans, cette attaque a coûté la vie à plus de 400 personnes, tandis qu’Islamabad soutient avoir ciblé des installations militaires et des infrastructures de soutien au terrorisme.
Une trêve temporaire avait ensuite été observée durant le mois de Ramadan, à la demande de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie. Cependant, les accrochages sporadiques ont repris dès la fin de cette pause. Mercredi, la police de la province afghane de Kunar a recensé la mort de deux civils et six blessés, dont quatre enfants, à la suite de tirs de mortier pakistanais. Une accusation rejetée par le porte-parole de la diplomatie pakistanaise, qui assure que les opérations sont menées avec précaution pour éviter les pertes civiles.
En parallèle de ces pourparlers bilatéraux, le Pakistan mène également une série de tractations diplomatiques, soutenues par la Chine, visant à rapprocher Washington et Téhéran pour prévenir une extension des conflits dans la région.


