L’adoption d’un nouveau texte législatif par la Knesset suscite de fermes réactions diplomatiques en Europe. Le gouvernement français a officiellement marqué son opposition à cette disposition judiciaire.
Lundi soir, le Parlement israélien a voté, par 62 voix contre 48, une loi autorisant la peine de mort. Ce texte, qui a reçu le vote favorable du Premier ministre Benjamin Netanyahu, vise spécifiquement les prisonniers palestiniens. Les exécutions prévues s’effectueraient par pendaison et seraient appliquées par des agents pénitentiaires désignés, couverts par l’anonymat et bénéficiant d’une immunité juridique.
Interrogé lors du point de presse hebdomadaire du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères par l’agence de presse Anadolu, le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, a qualifié cette sanction d’« inhumaine et dégradante ». Il a rappelé que la France plaide pour l’abolition universelle de la peine capitale. Cette position s’inscrit dans la continuité des déclarations conjointes formulées avec l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne, et réitérées à l’unanimité par les 27 États membres de l’Union européenne. Paris a dénoncé une mesure contraire aux principes démocratiques et a regretté le caractère discriminatoire de la loi.
Sur le plan judiciaire interne, l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) a déposé un recours en urgence devant la Cour suprême dès lundi. L’organisation israélienne conteste la constitutionnalité du texte, pointant une discrimination manifeste à l’égard des Palestiniens de Cisjordanie. Plusieurs ONG internationales ont également dénoncé une violation particulièrement grave du droit international.
En marge de ce dossier, la diplomatie française a abordé la situation sécuritaire globale au Moyen-Orient. Pascal Confavreux a indiqué que les pays du G7 et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se réuniront la semaine prochaine pour échanger sur la situation dans le détroit d’Hormuz. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions régionales exacerbées depuis le 28 février, suite à une offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, à laquelle Téhéran a riposté par des frappes visant Israël et plusieurs pays abritant des bases américaines. Ces développements continus renforcent les inquiétudes internationales autour de ce passage maritime stratégique.

