
Engagée depuis le 11 mars dans le Nord Sindian, l’opération « Kalethiaye » a porté un coup sévère aux trafics et aux groupes armés actifs près de la frontière gambienne. Si les armées sénégalaises revendiquent des « résultats majeurs » sur le terrain, cette avancée stratégique s’est aussi faite au prix du sacrifice de cinq militaires. Une perte qui rappelle encore la réalité d’un combat encore risqué pour la paix en Casamance.
ZIGUINCHOR– Dans les profondeurs boisées du Nord Sindian, dans le département de Bignona, le silence des champs a été brusquement rompu par une offensive militaire d’envergure. Le 11 mars dernier, les forces armées sous la conduite de la zone militaire Nᵒ 5 ont mené l’opération « Kalethiaye » dans la zone. Une intervention ciblée contre la culture du chanvre indien et les groupes armés qui exploitent cette économie clandestine le long de la frontière avec la République de Gambie.
Une mission stratégique qui, malgré des résultats jugés décisifs, a coûté la vie à cinq soldats sénégalais. Selon la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), les premières manœuvres ont permis « d’obtenir des avancées importantes et concrètes sur plusieurs positions sensibles ». Les unités déployées ont réussi à démanteler un réseau structuré de trafiquants opérant dans les zones marécageuses frontalières, souvent utilisées comme bases de repli par des groupes criminels.
Sur le terrain, de vastes plantations de chanvre ont été détruites, réduisant fortement les capacités de production illicite. Aussi, plusieurs éléments armés vivant de cette activité ont été neutralisés, tandis que d’importantes quantités de drogue déjà conditionnée ont été saisies, infligeant « un revers significatif aux circuits d’approvisionnement et de distribution ».
Au-delà du volet sécuritaire, les armées soulignent que cette opération vise à freiner un phénomène aux impacts multiples. La culture clandestine du chanvre contribue à l’appauvrissement des sols, entretient une économie parallèle et alimente l’instabilité dans certaines zones rurales. Placée sous le commandement du colonel Cheikh Guèye, la zone militaire Nᵒ 5 réaffirme sa volonté de poursuivre les opérations afin de « restaurer durablement la sécurité et assécher les sources de financement des groupes armés ».
Avec l’opération « Kalethiaye », les armées franchissent ainsi une nouvelle étape dans la sécurisation de la Casamance. Une avancée militaire notable, marquée toutefois par le sacrifice de cinq hommes tombés au front, symbole de leur amour pour la Patrie et du prix payé pour consolider la paix et renforcer la présence de l’État dans cette région stratégique du Sénégal.
Lien source

