La campagne militaire américaine au Moyen-Orient commence à créer de profondes fractures au sein des alliances occidentales traditionnelles. Face aux réticences européennes, les États-Unis haussent le ton et n’excluent plus une révision majeure de leurs engagements stratégiques internationaux.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a publiquement exprimé l’exaspération de Washington concernant le manque de soutien dans la guerre en cours contre l’Iran. Lors d’un entretien accordé à la chaîne FOX News mardi, le chef de la diplomatie a indiqué qu’une réévaluation de l’alliance atlantique pourrait s’imposer à la fin des hostilités. « Nous allons devoir réexaminer la valeur de l’OTAN et de cette alliance pour notre pays », a-t-il affirmé, tout en précisant que la décision finale appartiendra au président Donald Trump.
Le point de friction central repose sur l’accès aux infrastructures militaires européennes. Marco Rubio reproche directement aux alliés de l’OTAN de rejeter les sollicitations américaines. Le secrétaire d’État, qui se décrit pourtant comme un défenseur historique de l’alliance, estime que celle-ci risque de se transformer en un partenariat déséquilibré. « Nous ne leur demandons pas de mener des frappes aériennes. Quand nous avons besoin qu’ils nous permettent d’utiliser leurs bases militaires, leur réponse est ‘Non’. Alors pourquoi sommes-nous dans l’OTAN ? », a-t-il déclaré.
Dans les faits, plusieurs pays européens ont pris des mesures restrictives face aux demandes de Washington. L’Italie a récemment opposé une fin de non-recevoir à une demande d’atterrissage d’aéronefs américains sur une base militaire située en Sicile. De son côté, l’Espagne a interdit l’utilisation de ses bases et de son espace aérien pour toute opération liée à ce conflit.
D’autres membres de l’alliance, tels que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont choisi de limiter leur implication à un soutien strictement défensif au profit des partenaires régionaux. Ces pays justifient leur position par des préoccupations liées à la légalité de l’offensive et à l’absence de consultations préalables au sein de l’OTAN, appelant à plusieurs reprises à une désescalade militaire.

