
Le Premier ministre a présidé, lundi à Diamniadio, la cérémonie de clôture des assises nationales des Daaras, marquée par un discours aux accents à la fois sociaux, économiques et culturels. Revenant sur la polémique autour de l’homosexualité, il a mis en garde contre ce qu’il considère comme une banalisation du phénomène, susceptible, selon lui, d’affaiblir la lutte engagée.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour le Sénégal, de se préparer en amont avant toute confrontation d’ordre sociétal ou international. « Avant d’engager un quelconque combat, il faut se préparer, surtout économiquement », a-t-il déclaré, évoquant un contexte où « l’affaire des homosexualités fait florès » après le durcissement des sanctions. Il estime que certaines pressions extérieures viseraient le pays : « Des pays indexent le Sénégal pour l’asphyxier ».
Face à cela, il appelle à une souveraineté construite et non proclamée : « La souveraineté ne tombe pas du ciel, il faut le travail, c’est un processus ». Pour lui, cette dynamique passe par une reconstruction sociale fondée sur les valeurs nationales. « Il faut reconstruire notre société par rapport à nos valeurs, réguler notre société en déliquescence au nom d’une certaine liberté », a-t-il soutenu.
Le Premier ministre s’est également montré préoccupé par l’impact de la communication autour du sujet. « Faire la propagande de l’ignominie est très grave, plus que l’acte en lui-même », a-t-il affirmé, estimant que la répétition médiatique contribue à une normalisation progressive : « À force de ressasser, on finit par banaliser ».
Au-delà du débat national, il a inscrit cette question dans un rapport de force global. « La guerre la plus âpre reste celle culturelle », a-t-il avancé, dénonçant l’influence des grandes puissances sur les pays à économie fragile. Selon lui, « les puissances imposent leurs visions et leurs cultures », dans un monde dominé par des acteurs qui « détiennent l’économie, la culture, les grands groupes de presse et les réseaux sociaux ».
Plaidant pour une autre approche, il a regretté que le « choc des cultures » prenne le pas sur la « complémentarité des cultures », tout en soulignant la vulnérabilité des sociétés de consommation : « Nous consommons tout, raison pour laquelle nous sommes trimballés de partout ».
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