Le 3 janvier dernier, une intervention des États-Unis au Venezuela a abouti à la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Depuis cet événement, le paysage politique à Caracas traverse une zone de turbulences inédite, particulièrement au sein de l’appareil d’État.
L’ancienne vice-présidente, Delcy Rodriguez, a pris les rênes et accepté de coopérer avec les exigences américaines. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette orientation se heurte frontalement aux principes fondateurs du chavisme. Ce mouvement socialiste, au pouvoir depuis 1999 et historiquement structuré autour de l’opposition à l’impérialisme américain, fait face à la plus grande épreuve de ses 27 ans d’existence.
La perspective d’une collaboration avec Washington crée une fracture interne. Une partie de la base militante vit l’opération du 3 janvier comme un enlèvement pur et simple. Dans le quartier du 23 de Enero, bastion du mouvement à Caracas, le traumatisme est palpable. Wilmar Oca, une étudiante de 20 ans interrogée par le média qatari, compare l’arrestation de Nicolas Maduro et de Cilia Flores à la perte de figures parentales pour sa génération.
À l’inverse, d’autres membres du chavisme perçoivent ce bouleversement institutionnel et le rapprochement avec les États-Unis comme une opportunité de réinitialisation politique, avec l’espoir d’une relance de la croissance économique du pays.
Cette tension entre résistance idéologique et pragmatisme dicte désormais la marche du régime. Phil Gunson, analyste basé à Caracas pour le groupe de réflexion International Crisis Group, observe que le mouvement est avant tout en train de s’adapter aux circonstances actuelles dans le but de se maintenir au pouvoir.


