Alors que le conflit militaire entre les États-Unis et l’Iran entre dans sa cinquième semaine, le président américain a clarifié ses ambitions stratégiques. Lors d’une récente sortie médiatique, Donald Trump a exposé une vision qui tranche avec les opérations précédentes, suscitant de vives réactions tant à Washington qu’à Téhéran.
Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, Donald Trump a explicitement déclaré vouloir s’emparer des ressources pétrolières iraniennes. Dans un entretien accordé au Financial Times, le dirigeant américain a ciblé l’île de Kharg, principal terminal d’exportation du pays. Interrogé sur les réticences internes face à ce projet, il a balayé les critiques en qualifiant de « gens stupides » les Américains s’opposant à cette initiative.
Ce plan diffère de la stratégie appliquée au Venezuela, où Washington prévoit un contrôle indéfini de l’industrie pétrolière après l’enlèvement de Nicolas Maduro en janvier. Pour l’Iran, l’occupation de l’île de Kharg nécessiterait une présence militaire prolongée. Sur le terrain, l’administration américaine a déjà intensifié ses déploiements. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé l’arrivée d’environ 3 500 soldats supplémentaires à bord de l’USS Tripoli, tandis que l’envoi de milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée est en préparation.
L’île de Kharg représente la colonne vertébrale économique de l’Iran. Le terminal reçoit le brut de trois gisements majeurs avant de le redistribuer vers les marchés mondiaux. Face à cette menace, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a promis une riposte sévère. Il a affirmé que les soldats américains seraient incendiés dès leur arrivée au sol et a menacé de cibler les infrastructures vitales de tout pays de la région qui faciliterait cette opération. La tension s’étend déjà aux États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), où au moins 25 personnes ont perdu la vie depuis le début des hostilités, rappelant les récentes attaques ayant fait des victimes dans la région.
Sur le plan diplomatique et économique, les conséquences s’accélèrent. Les cours du pétrole ont franchi la barre des 116 dollars le baril. À Islamabad, les chefs de la diplomatie du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de la Turquie se sont réunis pour tenter d’amorcer une désescalade. Le bilan humain communiqué par le ministère iranien de la Santé fait état de 2 076 morts, dont 216 enfants.
Malgré un plan de paix en 15 points proposé par Donald Trump, Téhéran a rejeté l’offre, exigeant la fin des frappes, des réparations et des garanties de sécurité. Le président américain a toutefois affirmé que l’Iran avait autorisé le passage de 20 navires pétroliers par le détroit d’Ormuz. Enfin, une guerre de l’information se joue autour du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei tué le 28 février. Donald Trump affirme qu’il serait mort ou gravement blessé, une allégation formellement démentie par Téhéran qui assure que le chef de l’État est en sécurité.


