Les perturbations maritimes dans le Golfe maintiennent sous pression les pays fortement dépendants de cette voie commerciale. Dans ce climat d’incertitude, le gouvernement indien vient de clarifier la situation de ses navires énergétiques transitant par cette zone sous haute tension.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le ministère indien du Pétrole et du Gaz naturel a annoncé dimanche que deux transporteurs de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont réussi à traverser le détroit d’Ormuz. Ces deux pétroliers, qui acheminent une cargaison combinée d’environ 94 000 tonnes métriques de GPL, sont actuellement en route vers les côtes indiennes malgré les blocages en cours dans la région.
Le ministère a détaillé l’itinéraire de ces bâtiments. Le premier navire, le BW Tyr, fait route vers Mumbai où son arrivée est programmée pour mardi. Le second, le BW Elm, se dirige vers New Mangalore avec une arrivée prévue mercredi.
Les autorités indiennes ont également fait le point sur la sécurité de leurs ressortissants déployés dans la zone. Le ministère assure que tous les marins indiens présents dans la région sont en sécurité. Aucun incident impliquant des navires battant pavillon indien n’a été recensé au cours des dernières 24 heures. Actuellement, 18 navires sous pavillon indien, avec à leur bord 485 marins, se trouvent dans la partie ouest du golfe Persique.
L’enjeu est majeur pour New Delhi, qui importe environ 50 % de ses approvisionnements énergétiques depuis le Golfe. En 2024, la valeur de ces importations s’élève à 180 milliards de dollars.
Cette traversée intervient dans un contexte de crise régionale aiguë, déclenchée par l’offensive aérienne menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier. Cette opération a fait plus de 1 340 morts, incluant l’ancien Guide suprême Ali Khamenei. En riposte, l’Iran a lancé des frappes de drones et de missiles ciblant Israël, la Jordanie, l’Irak, ainsi que des infrastructures situées dans les pays du Golfe abritant des installations militaires américaines.
Depuis le début du mois de mars, le trafic dans le détroit d’Ormuz est sévèrement perturbé. Cette voie maritime, par laquelle transitent habituellement 20 millions de barils de pétrole par jour, subit des blocages qui ont directement provoqué une hausse des coûts de fret et une augmentation des cours mondiaux du brut.

