L’étau imposé sur l’approvisionnement énergétique de La Havane connaît une brèche inattendue. Alors que l’île caribéenne fait face à une crise sans précédent, un navire étranger s’apprête à livrer une cargaison vitale de brut, sous le regard passif des autorités américaines qui maintiennent pourtant un blocus strict.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, s’appuyant sur une publication du New York Times, les États-Unis ont laissé un pétrolier russe acheminer environ 730 000 barils de pétrole brut vers Cuba. Le navire est attendu au terminal de Matanzas d’ici mardi. Cette avancée rompt de fait le blocus pétrolier instauré en janvier par l’administration de Donald Trump, qui menaçait jusqu’ici de sanctions les pays ravitaillant l’île.
La présence de ce bâtiment russe offre à Cuba quelques semaines de répit face à l’épuisement de ses réserves de carburant. Bien que les garde-côtes américains disposent de deux navires dans la zone, capables d’intercepter le pétrolier, aucun ordre n’a été donné en ce sens par la Maison Blanche. Les raisons de cette abstention n’ont pas été communiquées, mais elle permet, dans l’immédiat, d’éviter une confrontation directe entre Washington et Moscou.
Cette inaction ponctuelle contraste avec la rhétorique officielle de Washington. Le président américain Donald Trump a récemment affiché sa volonté de renverser le gouvernement de Miguel Diaz-Canel. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, il a suggéré que l’île pourrait être la prochaine cible militaire des États-Unis après la guerre contre l’Iran. Le secrétaire d’État Marco Rubio a abondé dans ce sens, affirmant que l’économie cubaine ne pourrait évoluer sans un changement de système politique.
Sur le terrain, le blocus américain continue de paralyser la consommation énergétique cubaine, provoquant des coupures d’électricité quotidiennes et une dégradation du système de santé, une situation qualifiée de crise humanitaire par les Nations Unies.
Face aux déclarations de Donald Trump, les autorités cubaines affirment se tenir prêtes. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, a indiqué à la chaîne NBC News que l’armée cubaine se prépare actuellement à l’éventualité d’une agression militaire.

