Un déplacement prévu en Amérique du Nord par un membre du Parlement européen vient d’être brutalement compromis par les autorités locales. La décision, notifiée à quelques heures du départ, a entraîné l’annulation d’une série d’interventions publiques et suscité une mobilisation immédiate de plusieurs formations politiques.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le Canada a révoqué l’autorisation de voyage électronique (AVE) de Rima Hassan. La députée européenne française, membre de La France insoumise (LFI) et siégeant à la commission des affaires étrangères et des droits humains, devait se rendre à Montréal pour y animer deux conférences publiques.
Un communiqué conjoint publié par LFI et le Nouveau Parti démocratique (NPD) canadien précise que la demande d’AVE de l’élue avait initialement été acceptée par les services de l’immigration. C’est à la veille de son départ, le vendredi 27 mars en fin de journée, qu’elle a été informée par courrier électronique de l’ouverture soudaine d’un examen de son dossier.
Les motifs avancés par les autorités canadiennes reposent sur l’absence de mention, dans sa demande initiale, d’un refus d’entrée sur le territoire israélien survenu en février 2025 lors d’une mission officielle du Parlement européen. Des plaintes déposées à son encontre pour « apologie du terrorisme » ont également été invoquées, bien que le communiqué souligne que celles-ci n’ont donné lieu à aucune condamnation ni mise en examen.
L’organisation canadienne Canadians for Justice and Peace in the Middle East (CJPME) s’est déclarée « consternée » par cette interdiction d’accès au territoire. Elle attribue cette décision à une campagne de pression menée par des diplomates israéliens et des groupes pro-israéliens. La CJPME a exhorté le gouvernement canadien à annuler cette mesure, dénonçant un « acte arbitraire de censure » contre une responsable européenne.
De son côté, Rima Hassan a fait savoir via le réseau social X qu’elle maintiendrait ses engagements. Elle assurera ses deux conférences à distance, lundi et mardi soir, afin de s’exprimer sur cette interdiction. La France insoumise et le NPD ont formellement déclaré que cette révocation constituait une « atteinte grave à l’exercice d’un mandat parlementaire et à la liberté d’expression ».

