Alors que des milliers de soldats américains se déploient actuellement au Moyen-Orient, le département de la Défense des États-Unis élabore de nouveaux scénarios militaires concernant l’Iran. Ces préparatifs interviennent dans l’attente d’une décision formelle du président Donald Trump sur la suite des opérations dans la région.
L’information centrale, relayée par l’agence Anadolu s’appuyant sur des révélations du Washington Post, porte sur la planification de potentielles opérations terrestres en territoire iranien. Des responsables américains, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indiquent que ces plans pourraient ouvrir une « nouvelle phase de la guerre ». Bien qu’il ne s’agisse pas d’une invasion à grande échelle, la stratégie envisagée impliquerait des raids ciblés menés par les forces d’opérations spéciales et l’infanterie conventionnelle.
Ces missions, dont la durée pourrait s’étendre de quelques semaines à quelques mois, viseraient des objectifs stratégiques précis. Notre rédaction note que les discussions se concentrent notamment sur l’île de Kharg, un pôle essentiel pour les exportations pétrolières iraniennes, ainsi que sur des raids côtiers près du détroit d’Ormuz pour sécuriser le transport maritime. Ces interventions au sol exposeraient les troupes américaines à un environnement jugé « considérablement plus dangereux » que lors des quatre premières semaines de combats, avec des menaces allant des tirs au sol aux engins explosifs improvisés, en passant par les drones et les missiles.
Cette option tactique contraste avec les récentes déclarations de l’exécutif américain. Donald Trump avait précédemment affirmé : « Je n’envoie de troupes nulle part ». De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio assurait que les objectifs pourraient être atteints « sans troupes au sol », écartant l’idée d’un conflit prolongé. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé qu’il incombe au Pentagone de « faire des préparatifs afin de donner au commandant en chef un maximum d’options », soulignant que le président n’a pas encore pris sa décision définitive.
Sur le plan intérieur, cette perspective se heurte à une forte réticence. Un récent sondage montre que 62 % des personnes interrogées sont opposées au déploiement de troupes terrestres en Iran, contre seulement 12 % d’opinions favorables. Les experts militaires pointent également les risques opérationnels. L’analyste Michael Eisenstadt met en garde contre la capacité de l’Iran à déployer massivement des drones, insistant sur l’importance vitale de la mobilité pour protéger les forces américaines.
Ces développements s’inscrivent dans une escalade régionale ininterrompue depuis le 28 février, date de l’offensive lancée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Ce conflit a déjà fait plus de 1 300 morts, dont le Guide suprême Ali Khamenei. En riposte, Téhéran a multiplié les frappes ciblant Israël ainsi que les installations militaires américaines en Jordanie, en Irak et dans les pays du Golfe. Depuis le début des hostilités, treize soldats américains ont perdu la vie et plus de 300 autres ont été blessés.

