Le débordement du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran continue d’affecter le territoire irakien. Ce samedi, une série de frappes aériennes et d’attaques au drone a touché plusieurs régions du pays, causant la mort de membres des forces de sécurité et ciblant directement des infrastructures stratégiques ainsi que des personnalités politiques.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un double bombardement a visé le quartier général des Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) près de l’aéroport de Kirkouk, dans le nord de l’Irak. Une source de sécurité irakienne a précisé à la chaîne que cette attaque a coûté la vie à trois combattants, tout en blessant deux autres membres ainsi que six soldats de l’armée régulière. Parallèlement, l’agence Reuters a indiqué que deux policiers irakiens ont été tués lors d’une autre frappe aérienne ciblant cette même coalition à Mossoul, à environ 170 kilomètres au nord-ouest de Kirkouk.
Le Hachd al-Chaabi, ancienne coalition paramilitaire désormais intégrée à l’armée irakienne régulière, a publié un communiqué imputant ces actes aux États-Unis et à Israël, qualifiant l’offensive d’attaque « sioniste-américaine ». Ces événements s’inscrivent dans le sillage de l’escalade des tensions régionales déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes en Iran. Depuis lors, des groupes armés pro-iraniens au sein du Hachd al-Chaabi, initialement formé en 2014 sur ordre du Grand Ayatollah Ali Sistani pour combattre l’État islamique, revendiquent des attaques contre les intérêts américains en Irak et subissent des frappes en retour.
L’offensive de samedi a également touché la région semi-autonome du Kurdistan irakien. Deux drones ont visé une base aérienne abritant des forces américaines et de la coalition près de l’aéroport d’Erbil, avant d’être interceptés par le système de défense antiaérienne américain C-RAM. Plus à l’ouest, dans la ville de Dohouk, le média kurde Rudaw a rapporté qu’une attaque au drone a ciblé la résidence de Nechirvan Barzani, le président de la région kurde.
Masrour Barzani, Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan, a fermement condamné cet assaut. Dans une déclaration officielle, il a exhorté le gouvernement fédéral de Bagdad à assumer ses responsabilités en traduisant les auteurs en justice et en mettant un terme à ces attaques. Sur la scène internationale, le président français Emmanuel Macron a réagi sur le réseau social X à la suite d’un échange avec Nechirvan Barzani, qualifiant la multiplication des attaques en Irak de « développement inquiétant ».
Enfin, le ministère irakien de la Défense a signalé qu’un autre drone s’est écrasé samedi dans le champ pétrolier de Majnoun, situé dans le sud du pays. L’appareil n’a pas explosé et n’a causé ni dégâts matériels ni blessés.


