Face à la multiplication des attaques aériennes ciblant leurs territoires, plusieurs États du Golfe cherchent à diversifier leurs boucliers protecteurs. C’est dans ce contexte sécuritaire tendu que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a achevé une tournée diplomatique régionale, aboutissant à la signature d’une série d’accords militaires avec le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.
Le chef de l’État ukrainien s’est rendu à Doha ce samedi, juste après une étape aux Émirats arabes unis, et deux jours après sa visite en Arabie saoudite. Au centre de ces rencontres figurait la mise en place de partenariats stratégiques axés sur la neutralisation des menaces par missiles et drones.
Au Qatar, les discussions ont réuni le vice-Premier ministre et ministre d’État aux Affaires de défense, Cheikh Saoud ben Abdulrahman ben Hassan Al Thani, et une délégation ukrainienne comprenant le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense (NSDC), Rustem Umerov, ainsi que le chef d’état-major des forces armées, Andrii Hnatov. Le ministère qatari de la Défense a précisé que l’accord paraphé couvre la collaboration technologique, le développement d’investissements conjoints et l’échange d’expertise face aux systèmes aériens sans pilote.
L’implication de Kiev au Moyen-Orient repose sur son expérience acquise sur le terrain. Depuis 2022, l’Ukraine intercepte quasi quotidiennement des drones de conception iranienne lancés par la Russie. Pour partager ce savoir-faire technique, les autorités ukrainiennes avaient déjà annoncé, le 18 mars dernier, le déploiement de 201 experts anti-drones dans la région.
Derrière ces accords se joue une équation financière et matérielle précise. Selon les informations rapportées par le réseau Al Jazeera, les pays du Golfe utilisent jusqu’à présent des systèmes coûteux comme les missiles Patriot ou THAAD pour intercepter les projectiles iraniens. Un seul missile Patriot est évalué à près de 4 millions de dollars. En face, l’Ukraine propose ses propres méthodes d’interception de drones, dont le coût unitaire de destruction avoisine les 2 000 dollars.
L’objectif de Kiev s’articule autour de deux axes. D’une part, attirer de nouveaux financements grâce à son statut de producteur d’intercepteurs éprouvés au combat. D’autre part, préserver les réserves mondiales d’armement lourd. Le correspondant d’Al Jazeera à Doha souligne que l’utilisation massive de missiles Patriot dans le Golfe inquiète l’Ukraine, qui redoute une baisse des stocks disponibles. Ces systèmes américains restent en effet considérés par Kiev comme la solution optimale pour contrer les missiles balistiques russes sur son propre territoire.


