La gestion des infrastructures pénitentiaires sénégalaises fait face à une urgence structurelle. Lors d’une récente descente sur le terrain pour évaluer les conditions de détention, la ministre de la Justice a été confrontée à un engorgement critique. Un constat physique qui a poussé la tutelle à interroger l’utilisation des fonds antérieurs et à acter une série de mesures correctives.
Ce jeudi, Yassine Fall s’est rendue à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Mbour, dans la région de Thiès. L’établissement, initialement conçu pour accueillir 650 pensionnaires, abrite aujourd’hui 915 détenus. Ce surplus, qui porte le taux d’occupation à près de 150 %, a fait l’objet de longs échanges entre la Garde des sceaux, les autorités locales, le personnel de surveillance et les détenus, indique le journal Le Quotidien.
L’engorgement de la structure a conduit la ministre à dresser un bilan sévère des décennies précédentes en matière d’investissements pénitentiaires. Yassine Fall a souligné qu’aucune prison répondant aux standards actuels n’a été construite depuis l’indépendance. Elle a notamment soulevé la question d’un budget d’infrastructures évalué à 75 milliards de francs CFA. Selon ses termes, rapportés par Le Quotidien, cette enveloppe financière n’a produit aucune des maisons d’arrêt qui étaient attendues par l’administration pénitentiaire.
Pour désengorger durablement les cellules de Mbour, le ministère a officialisé le lancement prochain des travaux d’un nouvel établissement dans la commune. Ce projet architectural s’accompagnera de la création d’un Tribunal de grande instance (Tgi). Cette implantation stratégique a pour objectif d’accélérer le traitement des procédures judiciaires et d’agir directement sur la réduction des détentions préventives.
Outre la construction de nouveaux murs, le plan d’action ministériel s’appuie sur la modernisation des pratiques pénales. La Garde des sceaux a mis en avant le développement des aménagements de peine et des travaux d’intérêt général. Ce volet s’accompagne d’une transition numérique via la plateforme E-Justice. Cet outil dématérialisera plusieurs démarches, permettant notamment aux proches d’obtenir des permis de communiquer en ligne afin de réduire la pression sur les accueils physiques des prisons.


