Le conflit qui embrase le Moyen-Orient vient de franchir un nouveau palier opérationnel. Alors que l’attention restait focalisée sur les opérations menées par les forces américano-israéliennes contre l’Iran, un nouvel acteur a officiellement intégré le théâtre des affrontements en lançant une offensive directe vers le sud de l’État hébreu.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué leur première attaque de missiles contre Israël depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Le général de brigade Yahya Saree, porte-parole militaire du groupe, a officialisé cette opération lors d’une intervention diffusée par la télévision satellitaire Al-Masirah. Il a précisé qu’une salve de missiles balistiques avait été tirée en direction de sites militaires qualifiés de « sensibles ».
Sur le terrain, l’armée israélienne a confirmé avoir intercepté le projectile. L’offensive a déclenché les sirènes d’alerte dans la région de Beer Sheba ainsi qu’aux abords du principal centre de recherche nucléaire d’Israël, au cours d’une nuit de vendredi à samedi déjà marquée par des tirs en provenance d’Iran et du Hezbollah.
Le groupe yéménite, qui contrôle la capitale Sanaa depuis 2014, s’était jusqu’à présent tenu à l’écart de cette nouvelle phase du conflit. Yahya Saree a toutefois indiqué que ces opérations se poursuivraient jusqu’à l’atteinte des objectifs fixés et l’arrêt des hostilités contre les fronts de la résistance. Cette implication directe s’inscrit dans un contexte de forte volatilité, illustré par l’escalade régionale qui a récemment poussé douze pays à s’accorder sur un principe de défense commune lors d’un sommet à Riyad.
L’impact de cette nouvelle donne pourrait rapidement déborder du cadre strictement militaire. Mohamad Elmasry, professeur d’études des médias à l’Institut d’études supérieures de Doha, interrogé par Al Jazeera, juge cette entrée en guerre « très significative ». L’expert souligne la capacité de nuisance démontrée par les Houthis sur les routes commerciales. Entre novembre 2023 et janvier 2025, lors de la guerre entre Israël et le Hamas, la milice avait attaqué plus d’une centaine de navires marchands en mer Rouge, coulant deux bâtiments et entraînant des frappes de l’administration de Donald Trump.
Une éventuelle décision des Houthis de bloquer le détroit de Bab al-Mandab, la mer Rouge et, par extension, le canal de Suez, créerait des points d’étranglement majeurs pour le transport maritime de marchandises, s’ajoutant aux tensions déjà existantes autour du détroit d’Ormuz.


