Face à la menace de fermeture qui pèse sur l’un de ses sites industriels, un acteur majeur de l’industrie automobile en Allemagne envisage une réorientation de ses activités. Des discussions sont actuellement en cours avec des spécialistes du secteur de la défense, incluant un groupe israélien, pour transformer les lignes de production.
Le directeur général de Volkswagen, Oliver Blume, a confirmé vendredi que son groupe menait des pourparlers avec plusieurs entreprises d’armement. L’objectif de ces négociations, rapportées par l’agence Anadolu, est de reconvertir l’usine d’Osnabrück vers la fabrication de véhicules militaires. Cette initiative est présentée par la direction comme une solution pour pérenniser le site, tout en s’inscrivant dans le renforcement des capacités de défense allemandes et européennes.
Les échanges impliquent notamment le groupe israélien Rafael Advanced Defense Systems. Selon les précisions apportées lors d’un événement organisé par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le partenariat viserait à produire des équipements non létaux liés au système antimissile Dôme de fer (Iron Dome). Oliver Blume a tenu à délimiter le périmètre de cette potentielle reconversion : les activités se concentreraient exclusivement sur le transport militaire, excluant toute implication dans la fabrication de systèmes d’armement. « Nous n’y sommes plus actifs depuis des décennies et avons beaucoup de retard à rattraper », a-t-il souligné.
L’annonce de ces tractations a suscité des réactions au sein de la société civile et de la classe politique allemande. L’Initiative pour la paix d’Osnabrück (OFRI) a publiquement demandé à l’entreprise de maintenir une vocation strictement civile pour son usine. Sur le plan politique, le député du parti Die Linke, Mirze Edis, a fermement rejeté le projet, qualifiant d’inacceptable toute coopération avec Israël sous le gouvernement de Benjamin Netanyahu. À ce stade, la direction de Volkswagen précise qu’aucun accord définitif n’a encore été acté.

