Du 25 au 27 mars, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) accueille un rassemblement dédié à l’émancipation féminine. Des femmes de toutes générations s’y retrouvent pour échanger sur leurs réalités sociales et structurer une réponse concrète face aux défis qu’elles rencontrent au quotidien.
Baptisé « La Réunion 2026 », cet événement initié par Zoubida Fall dépasse le cadre de la simple conférence. Selon les informations publiées par Le Quotidien, l’objectif central de ces trois jours de travaux est l’élaboration d’un Livre blanc. Ce document final compilera les recommandations issues des discussions et aura pour vocation de porter la voix des participantes au-delà de l’enceinte du Cices, avec l’ambition d’influencer directement l’environnement social sénégalais.
La démarche s’articule autour d’un format spécifique appelé « Conversations féminines », qui privilégie un dialogue horizontal et une transmission intergénérationnelle. Zoubida Fall insiste sur la nécessité pour les femmes de s’approprier leur propre récit. « Nous ne sommes plus les marches, nous sommes les propres acteurs de notre histoire », déclare-t-elle. Elle met particulièrement en avant l’importance de nommer publiquement les violences conjugales et les freins sociaux. Libérer la parole permet, selon l’initiatrice, de modifier le regard de la société et d’encourager d’autres victimes à briser le silence. L’initiative suscite une mobilisation concrète, certaines participantes ayant fait le déplacement depuis Dagana sur leurs jours de congé pour y assister.
Cette dynamique bénéficie d’un appui institutionnel et diplomatique affirmé. La pertinence du projet a été saluée par Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal, qui y voit un outil de transmission précieux pour la jeunesse. De son côté, Tamara Mona, ambassadrice de Suisse, a souligné l’importance de s’appuyer sur des mécanismes porteurs de succès pour éviter de reproduire les erreurs du passé. Soutenue conjointement par le ministère sénégalais de l’Éducation nationale et l’ambassade de France, la démarche prévoit une diffusion nationale des conclusions du Livre blanc afin d’inscrire cette transformation dans la durée.


