Une interview politique sur une chaîne d’information française a pris une tournure inattendue suite à la diffusion virale d’une séquence tronquée. La situation a conduit une organisation de lutte contre le racisme à engager une procédure officielle concernant le traitement de l’information par les médias traditionnels.
Selon l’agence Anadolu, l’origine de cette affaire remonte au 15 mars 2026. Lors d’un passage sur la chaîne LCI, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a décrit sa commune comme « la ville des rois et du peuple vivant ». Dès le lendemain, une version altérée de cette intervention a été diffusée sur la plateforme X, attribuant à tort à l’élu l’expression « ville des Noirs ».
La séquence est rapidement devenue virale, reprise par diverses personnalités politiques, notamment issues de l’extrême droite. Elle a ensuite été relayée par plusieurs médias nationaux français, parfois présentée comme une déclaration avérée. Face à cette diffusion, l’association SOS Racisme a officiellement saisi l’ARCOM, l’autorité de régulation de l’audiovisuel.
L’organisation dénonce une défaillance dans la chaîne de vérification des faits. Si certains journalistes ont reconnu a posteriori leur erreur après avoir attribué ces propos fictifs au maire sur leurs plateaux, SOS Racisme estime que la diffusion initiale d’une fausse information constitue en soi un manquement aux obligations de rigueur.
Au-delà de l’aspect médiatique, la circulation de cette citation falsifiée a entraîné des répercussions directes. Dans une tribune publiée le 25 mars, l’association indique que cette séquence a alimenté une lecture racialisée du débat public et exposé Bally Bagayoko à des attaques répétées liées à son origine réelle ou supposée. SOS Racisme demande à l’ARCOM d’examiner les conditions de diffusion de cette séquence et de rappeler aux éditeurs leurs obligations de vigilance face aux contenus émanant des réseaux sociaux.

