L’escalade militaire au Moyen-Orient provoque des ondes de choc bien au-delà de la région. Alors que les hostilités se sont intensifiées depuis fin février, certaines capitales européennes commencent à réévaluer publiquement leur positionnement face aux opérations armées menées conjointement par Washington et Tel-Aviv.
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a exprimé de vives critiques concernant l’offensive en cours contre l’Iran. S’exprimant ce jeudi depuis Canberra, en Australie, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue australien Richard Marles, le responsable politique a pointé du doigt les failles opérationnelles de ses alliés. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, il a notamment déploré l’absence de consultations préalables, le manque d’objectifs clairs et l’inexistence d’une stratégie de sortie de crise.
Cette situation est qualifiée de « désastre » pour les économies mondiales par le ministre, qui souligne que les répercussions sont déjà palpables un peu plus de deux semaines après le début des frappes. Face à ce constat, Berlin a pris la décision de se tenir à l’écart des opérations militaires. « Ce n’est pas notre guerre, et c’est pourquoi nous refusons d’être entraînés dedans », a fermement déclaré Boris Pistorius.
Notre rédaction relève que l’Allemagne privilégie désormais une approche strictement diplomatique pour endiguer l’instabilité mondiale. Le gouvernement se dit prêt à participer à des missions de maintien de la paix, notamment pour sécuriser la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, à la condition qu’un cessez-le-feu soit préalablement acté.
Cette orientation est appuyée par le ministère des Affaires étrangères. À Berlin, Johann Wadephul, s’exprimant aux côtés de son homologue tunisien Mohamed Ali Nafti, a estimé que le stade des négociations concrètes était désormais atteint. Il a d’ailleurs salué la tenue de discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan, bien que l’Allemagne n’y prenne pas part.
Pour rappel, le conflit a franchi un nouveau palier le 28 février dernier suite aux frappes américaines et israéliennes sur le territoire iranien. En représailles, Téhéran a déployé des salves de drones et de missiles en direction d’Israël ainsi que vers les pays du Golfe abritant des installations militaires américaines.

