L’Assemblée générale des Nations unies a acté une position majeure concernant l’histoire de la traite négrière. Introduite par le Ghana, une nouvelle résolution qualifiant l’esclavage de crime suprême a été validée mercredi, bien qu’elle se soit heurtée au refus catégorique de certains États membres.
Le texte, présenté à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage, déclare que la traite des Africains et l’esclavage racialisé constituent les « plus graves crimes contre l’humanité ». Selon l’agence Anadolu, la résolution a été adoptée par 123 voix pour, 52 abstentions et 3 voix contre. Le document officiel souligne l’importance de remédier aux torts historiques subis par les personnes d’ascendance africaine, affirmant que ces actes constituent des violations du jus cogens (norme impérative de droit international). Les demandes de réparations y sont présentées comme une étape concrète vers la justice, la dignité et l’apaisement.
Les trois pays ayant voté contre cette résolution sont les États-Unis, Israël et l’Argentine. Par ailleurs, le bloc des abstentionnistes comprend notamment le Royaume-Uni ainsi que les États membres de l’Union européenne.
Les divergences exprimées lors des débats ont principalement porté sur la formulation juridique du texte. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a précisé lors de la présentation que la démarche visait à compléter l’histoire pour instaurer un cadre propice à la réconciliation, sans chercher à établir de hiérarchie entre les différents crimes.
Une lecture directement contestée par le représentant américain, Dan Negrea. Ce dernier a fustigé ce qu’il perçoit comme une tentative de hiérarchisation des crimes contre l’humanité et a fermement dénoncé la référence au jus cogens. L’Union européenne a, de son côté, justifié son abstention en pointant une ambiguïté dans la rédaction du texte.
Cette année, la commémoration s’articule autour du thème « La justice en action ». À travers cette initiative, l’organisation internationale invite les États à faire face à cette histoire, à protéger les droits des descendants d’Africains et à structurer les mécanismes de réparation et d’inclusion.

