Le coup d’envoi du congrès général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), la principale organisation syndicale de la Tunisie, a été donné ce mercredi à Monastir. Initialement prévu pour 2027, ce rassemblement de trois jours a été précipité par des dissensions internes et un blocage persistant du dialogue avec les autorités gouvernementales.
L’enjeu central de cette rencontre, placée sous le slogan « Fermes sur les principes, Victorieux pour les droits et les libertés », est le renouvellement des instances dirigeantes, notamment l’élection d’un nouveau bureau exécutif de 15 membres. L’information majeure de ce scrutin réside dans la configuration des candidatures. Sur les 46 prétendants enregistrés pour intégrer le bureau, le nom de l’actuel secrétaire général, Noureddine Taboubi, ne figure pas sur les listes.
Ce retrait s’inscrit dans un climat de fractures au sein de l’organisation. Lors de l’ouverture du congrès, Noureddine Taboubi a publiquement abordé ces tensions, déclarant que le syndicat se réunit « sur la base de la divergence d’opinions ». Il a ajouté que l’objectif actuel est de surmonter ces obstacles afin que l’UGTT puisse continuer à jouer son rôle social. L’avancement de la date du congrès, qui devait normalement clôturer un mandat de cinq ans entamé en février 2022, découle directement de ces conflits ouverts avec plusieurs cadres syndicaux opposés à la direction sortante.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, 614 congressistes, dont 46 femmes représentant l’ensemble des secteurs et des régions du pays, sont appelés aux urnes. Le vote se cristallise autour de deux blocs principaux. Une première liste bénéficie de l’appui de quatre membres du bureau exécutif actuel, dont Anouar Ben Kaddour. Face à elle, une seconde liste est conduite par Farouk Ayari, le membre sortant chargé du règlement intérieur. Outre le bureau exécutif, les délégués devront également élire les membres des commissions du règlement intérieur et du contrôle financier.
Fondée le 20 janvier 1946, l’UGTT conserve une influence historique et structurelle majeure dans le paysage tunisien. Son fondateur, Farhat Hached, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance face à la présence française, a été assassiné en décembre 1952 près de Tunis par « La Main Rouge », une organisation armée liée aux autorités coloniales de l’époque.

