Le spectre d’une vaste offensive terrestre au Sud-Liban se précise, accompagné d’ambitions territoriales de plus en plus explicites de la part des responsables israéliens. Alors que les préparatifs militaires s’intensifient et que le bilan humain s’alourdit, la perspective d’une occupation prolongée pousse plusieurs chancelleries occidentales à formuler des mises en garde directes.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’armée israélienne ambitionne de prendre le contrôle d’une portion du territoire libanais s’étendant jusqu’au fleuve Litani, situé à environ 30 kilomètres de la frontière. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a confirmé la volonté d’établir cette zone de contrôle, précisant que les résidents libanais déplacés ne seraient pas autorisés à retourner chez eux tant que la sécurité du nord d’Israël ne serait pas garantie.
Le discours officiel à Tel-Aviv s’accompagne de références directes à l’offensive dans l’enclave palestinienne. Israel Katz a ainsi déclaré que l’armée suivait au Liban « le modèle de Rafah et Beit Hanoun », deux villes lourdement touchées par la guerre à Gaza. De son côté, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a publiquement plaidé pour une annexion officielle du Sud-Liban, affirmant qu’une « modification des frontières d’Israël » était nécessaire et que la nouvelle limite devait être fixée au Litani.
Face à ces déclarations, la diplomatie internationale commence à marquer des lignes rouges. Le ministère canadien des Affaires mondiales a fermement condamné ces plans d’occupation, soulignant que la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban ne devaient pas être violées. Une position partagée par la France. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exhorté les autorités israéliennes à renoncer à ces opérations terrestres, alertant sur des conséquences humanitaires majeures pour un pays déjà exsangue.
Sur le terrain, les actes corroborent les annonces politiques. L’aviation israélienne a récemment bombardé des infrastructures clés, dont le pont de Qasmiyeh qui enjambe le Litani. Le président libanais, Joseph Aoun, a qualifié cette frappe de « prélude à une invasion terrestre ».
Le bilan de cette escalade, qui a déjà poussé plus d’un million de personnes à fuir, s’élève à au moins 1 072 morts et près de 3 000 blessés côté libanais depuis le début du mois. Des raids récents sur les localités d’Adloun, Habboush et le camp de réfugiés de Mieh Mieh ont fait de nouvelles victimes. Côté israélien, les sirènes d’alerte continuent de retentir dans le nord du pays, où les tirs de roquettes en provenance du Liban ont coûté la vie à une femme mardi.


