L’Australie et l’Union européenne (UE) viennent de franchir une nouvelle étape dans leurs relations commerciales. Après huit années de négociations, les deux partenaires ont paraphé un accord visant à supprimer les barrières tarifaires sur une catégorie spécifique d’exportations, modifiant ainsi l’organisation de leurs chaînes d’approvisionnement.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce partenariat acté mardi se concentre sur l’élimination des droits de douane pour la quasi-totalité des minerais critiques australiens exportés vers l’Europe. L’objectif affiché de cette mesure est de réduire la dépendance des deux blocs vis-à-vis de la Chine. Actuellement, Pékin contrôle environ 90 % du traitement mondial des terres rares, des ressources indispensables à la production d’équipements technologiques tels que les véhicules électriques, les batteries lithium-ion, les téléviseurs LED et les objectifs d’appareils photo.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a détaillé les motivations de cette alliance devant le Parlement australien. « Nous ne pouvons pas être trop dépendants d’un seul fournisseur pour des composants aussi cruciaux », a-t-elle déclaré, précisant que la gestion des rapports avec la Chine constitue un « impératif stratégique » pour l’Europe et l’Australie. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a pour sa part indiqué que cette levée des taxes douanières aidera à stabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Sur le plan financier, l’accord prévoit la suppression de plus de 99 % des droits de douane sur les biens européens exportés vers l’Australie, permettant aux entreprises de l’UE d’économiser un milliard d’euros (1,2 milliard de dollars) par an. Les exportations européennes vers le marché australien devraient ainsi croître de 33 % au cours de la prochaine décennie. Anthony Albanese a évalué les retombées de ce traité à 10 milliards de dollars australiens (7 milliards de dollars américains) par an pour l’économie de son pays.
Notre rédaction note que les échanges entre les deux entités s’appuient sur un volume financier important. En 2024, l’Union européenne s’est positionnée comme le troisième partenaire commercial bilatéral de l’Australie, sa sixième destination d’exportation et sa deuxième source d’investissements étrangers. Les projections officielles estiment que les entreprises de l’UE exporteront pour 37 milliards d’euros de biens vers l’Australie en 2025, s’ajoutant aux 28 milliards d’euros de services enregistrés en 2023.


