La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a lancé un nouvel appel à la communauté internationale. Lors d’un point de presse tenu mardi, elle a affirmé que le sauvetage de la population de Gaza nécessite désormais une intervention massive, ciblant directement la nature des relations entretenues par les États avec Israël.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la responsable onusienne a désigné la rupture des liens économiques, militaires et financiers comme la seule voie pacifique pour mettre fin aux opérations israéliennes. « Comment se fait-il que les États membres continuent d’entretenir des relations avec Israël ? », s’est-elle interrogée, rappelant l’obligation de suspendre tout transfert d’armes vers un État accusé de commettre des crimes de guerre. Elle a par ailleurs averti que la dynamique actuelle s’étend au-delà de l’enclave palestinienne, évoquant des signes d’escalade déjà visibles au Liban et en Iran.
Francesca Albanese a également réagi aux récentes déclarations du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui avait réclamé sa démission. Elle a qualifié cette demande de manœuvre de diversion. « C’est dommage que même des ministres d’États qui se disent démocratiques suivent cette machination de distraction », a-t-elle souligné.
Sur le terrain, la rapporteuse indique que la situation continue de s’aggraver en dépit du cessez-le-feu. Depuis le début de cette trêve, 650 Palestiniens ont été tués, les frappes touchant régulièrement des populations déplacées vivant sous des tentes.
Cette sortie médiatique fait suite à la présentation, lundi à Genève, de son dernier rapport devant le Conseil des droits de l’homme. Ce document détaille des abus infligés aux détenus palestiniens, incluant des passages à tabac, des privations de sommeil, des refus de soins médicaux, de la sous-alimentation et des violences sexuelles. Notre rédaction relève, d’après les données de ce rapport, que les forces israéliennes ont procédé à l’arrestation de plus de 18 500 Palestiniens, dont des enfants, entre octobre 2023 et janvier 2026. Près d’une centaine de personnes seraient mortes en détention, tandis qu’environ 4 000 autres sont considérées comme victimes de disparition forcée.
Face aux critiques israéliennes rejetant ces conclusions, l’experte de l’ONU a fermement maintenu sa position, estimant que les dirigeants impliqués devront répondre de leurs actes devant la justice internationale à La Haye.

