À l’occasion de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire, célébrée le 20 mars 2026, la question de l’accès aux soins dentaires révèle des disparités structurelles au Sénégal. Alors que ces affections touchent près de 3,7 milliards de personnes dans le monde, des initiatives locales se déploient pour rapprocher l’offre médicale des populations sénégalaises, particulièrement dans les zones isolées.
Selon les données rapportées par Sud Quotidien, le Sénégal affiche un ratio national d’un chirurgien-dentiste pour 32 500 habitants. Ce chiffre contraste avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise un praticien pour 1 000 habitants. Cette pénurie de ressources humaines s’accompagne de coûts de traitement élevés, le plus souvent exclus des dispositifs de Couverture Sanitaire Universelle, limitant ainsi l’accès aux soins pour une large part de la population.
Pour pallier ce déficit, la Mutuelle de Santé des Agents de l’État (MSAE) a amorcé une série d’interventions ciblées. La structure a procédé à l’implantation de cabinets dentaires et de centres médico-sociaux à travers le pays. Ces installations ont permis de modifier les ratios dans plusieurs localités : à Mbacké, la proportion est passée d’un dentiste pour 1,4 million d’habitants à un pour 700 000. Une évolution similaire a été enregistrée à Dagana, passant d’un praticien pour 207 911 habitants à un pour 103 955. Des données comparables sont également notées à Dakar, Ziguinchor et Kaolack.
Notre rédaction note que la MSAE prévoit de lancer prochainement des projets de santé communautaire ciblant spécifiquement les zones reculées. Ces programmes s’appuieront sur une démarche participative intégrant les autorités administratives, les acteurs sanitaires, les leaders communautaires et religieux, ainsi que les relais locaux. En parallèle, une mission médicale est en préparation avec des partenaires espagnols. Elle inclura des consultations gratuites et des séances de sensibilisation dans les secteurs à faible couverture sanitaire.
Les affections bucco-dentaires partagent des facteurs de risque avec plusieurs maladies non transmissibles, notamment le tabagisme, la consommation excessive de sucre, l’alcool et les mauvaises pratiques d’hygiène. La mutuelle, en adéquation avec les orientations du ministère de la Santé et de l’Action sociale, axe une partie de son intervention sur la prévention. À travers ces déploiements, l’institution s’inscrit dans les Objectifs de Développement Durable et appelle les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les partenaires à coordonner leurs interventions sur le terrain.


