Au lendemain de la décision du Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football déclarant le Sénégal forfait en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le professeur Abdoulaye Sakho, spécialiste du droit du sport, a livré une analyse nuancée, appelant à la retenue tout en soulignant les voies de recours possibles.
D’emblée, le directeur de l’Institut EDGE-Dakar invite à éviter toute réaction excessive : « Il faudra beaucoup relativiser et surtout ne pas être trop gagnés par l’émotion aujourd’hui », estimant que la décision « s’inscrit dans la logique de la procédure » propre aux instances sportives.
Pour autant, le juriste ne valide pas entièrement le fond de la décision. « Sur le plan du droit, cette décision nous paraît contestable », affirme-t-il, rappelant que la CAF, bien qu’autonome dans son fonctionnement, « ne doit pas décider de n’importe quoi ».
Selon lui, la suite du dossier se jouera désormais sur le terrain juridique. « Le Sénégal va contester », assure-t-il, tout en attirant l’attention sur les subtilités de la procédure devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
« Une saisine est prévue dans les dix jours, mais elle n’a pas automatiquement un effet suspensif sportif », prévient-il. Un point crucial, car, explique-t-il, « la CAF pourrait, malgré le recours du Sénégal, organiser une cérémonie de remise du trophée ».
Pour éviter ce scénario, le Pr Sakho insiste sur l’urgence d’une action complémentaire : « Il faut agir très vite pour solliciter la suspension de l’exécution de la décision contestée jusqu’à la sentence finale ».
Dans un langage plus technique, il évoque des « mesures conservatoires ou provisionnelles » à introduire dans des délais très courts, « peut-être dans les 48 heures de la notification ». Une démarche essentielle pour maintenir, provisoirement, le statut du Sénégal.
Malgré la complexité du dossier, le professeur se veut rassurant : « On est dans la procédure et on ira jusqu’au bout », affirme-t-il, appelant à la confiance. « Il ne faut pas avoir peur, on va y arriver », ajoute-t-il, estimant que le Sénégal dispose « d’arguments juridiques » solides.
En conclusion, il rappelle un principe fondamental : « Nous avons gagné ce trophée sur le terrain », soutenant que le pays peut espérer conserver son titre. « Le Sénégal reste un champion d’Afrique », martèle-t-il, dans un message d’espoir adressé à l’opinion.


