La capitale irakienne a de nouveau été le théâtre d’une forte instabilité sécuritaire en ce début de semaine. Alors que le centre de Bagdad, abritant les missions diplomatiques, a subi des incursions aériennes, d’autres régions du pays ont enregistré des pertes humaines significatives au sein des forces paramilitaires.
Lundi soir, le dernier étage de l’hôtel Al-Rasheed, situé dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, a été percuté par un drone. Selon deux responsables de la sécurité irakienne cités par l’agence Associated Press (AP), l’impact a causé des dégâts matériels sans faire de victimes. Aucune revendication n’a été émise dans l’immédiat.
Cette frappe s’inscrit dans une série d’incidents survenus la même soirée. Des sources de sécurité ont indiqué à l’agence Reuters que les défenses aériennes ont intercepté deux roquettes de type Katioucha à proximité de l’ambassade des États-Unis. Le média Al Jazeera, qui relaie ces informations, rappelle que ce périmètre stratégique concentre les institutions gouvernementales et de nombreuses missions internationales.
Parallèlement à ces attaques matérielles, les groupes armés opérant dans le pays ont subi des pertes notables. Les Brigades du Hezbollah (Kataib Hezbollah), une composante majeure des Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) soutenues par l’Iran, ont annoncé la mort d’Abu Ali Al-Askari. Les circonstances exactes de l’élimination de ce haut responsable de la sécurité n’ont pas été détaillées par l’organisation.
L’agence AP rapporte également que des frappes distinctes dans la province d’Al-Anbar, à l’ouest de l’Irak, ont coûté la vie à huit combattants des Forces de mobilisation populaire. Dans le sud du pays, le champ pétrolier de Majnoon, situé dans la province de Bassora, a été visé par deux drones, sans qu’aucun dommage majeur ni victime ne soit signalé.
Ces incidents interviennent dans un contexte régional complexe, marqué par les répercussions du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Cette situation a notamment entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, paralysant le trafic maritime et retenant de nombreux navires dans le golfe Persique. L’industrie pétrolière irakienne s’en trouve sévèrement impactée.
Malgré cette instabilité, le ministre irakien du Pétrole, Hayan Abdul-Ghani, a annoncé dans une déclaration vidéo la remise en service imminente d’un oléoduc reliant la ville de Kirkouk à la Turquie. Cette infrastructure devrait permettre à l’Irak de relancer ses exportations d’hydrocarbures d’ici une semaine.
Enfin, pour clore cette journée de tensions, les systèmes de défense aérienne ont intercepté et abattu un autre appareil sans pilote près de l’aéroport d’Erbil, dans la région autonome kurde du nord de l’Irak, selon nos sources sécuritaires.


