
L’État du Sénégal a finalement honoré ses échéances de mars, notamment pour ce qui est de sa dette internationale. Mais, durant la semaine dernière, il a démultiplié les interventions sur le marché régional des titres publics. Des opérations qui ont engrangé au moins 268,2 milliards de FCFA.
En effet, il a levé 110 milliards de FCFA dans une opération bouclée le jeudi 13 mars dernier. Il s’agit d’un Bon assimilable du Trésor (BAT) de 350 jours qui a suscité 149 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 149%. Les soumissions retenues viennent de la Côte d’Ivoire (59,3 milliards), du Sénégal (49,6 milliards) et du Bénin (929 millions).
L’autre levée a été effectuée quatre jours avant l’échéance sensible du 13 mars. Il a été bouclé, ce jour-là, une opération de 108,2 milliards de FCFA. En effet, l’État du Sénégal a levé 22,4 milliards de FCFA sur un BAT de 364 jours et 85,8 milliards de FCFA sur une Obligation assimilable du Trésor de 3 ans.
Des maturités courtes et le risque de refinancement
Le même jour, c’est-à-dire le 9 mars, le Trésor public a aussi levé 50 milliards de FCFA sur un BAT de 364 jours. En effet, 31,9 milliards de FCFA lui avaient été pourtant proposés sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) de 3 ans et de 5 ans. Mais ils n’ont pas été retenus. Une décision pour le moins intrigante.
Ces adjudications se caractérisent par la prédominance de maturités très courtes. Ce qui n’a pas échappé aux spécialistes. « Les 50 milliards retenus l’ont été exclusivement sur les BAT à 364 jours, alors que les OAT à 3 ans et 5 ans n’ont enregistré aucune retenue, malgré des offres existantes. Cela signifie que le financement obtenu s’est fait uniquement à court terme, ce qui accentue le risque de refinancement pour l’État », signale le Pr. Amath Ndiaye.
Ce que traduisent les opérations hors calendrier
Dans une tribune, l’économiste signale que l’analyse de cette adjudication du 9 mars sur le marché régional des titres publics montre que, si le Sénégal continue d’accéder aux financements, les conditions deviennent de plus en plus prudentes. « Plusieurs signaux indiquent un affaiblissement progressif de la confiance des investisseurs », alerte-t-il.
Il signale aussi que cette opération intervient déjà hors du calendrier initialement soumis à UMOA-Titres. Et dans les marchés financiers, une adjudication hors calendrier traduit souvent une tension de trésorerie pressante, obligeant l’émetteur à mobiliser rapidement des liquidités.
Lien source

