Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a lancé un appel pressant à l’Union européenne depuis Genève. Avant la réunion du Conseil des affaires étrangères de l’UE lundi, le chef de la diplomatie a exhorté le continent à adopter une posture diplomatique autonome pour endiguer l’élargissement du conflit.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le responsable espagnol estime que les intérêts, les valeurs et le bien-être des citoyens européens sont directement menacés par l’instabilité régionale. Pour contrer cette dynamique, il plaide pour une approche privilégiant le dialogue au détriment de l’escalade militaire. « La voix de l’Europe doit être indépendante, souveraine, introduire la raison, le dialogue et la négociation là où d’autres cherchent la guerre et la confrontation », a-t-il déclaré.
Le cœur de ses inquiétudes se concentre sur la situation au Liban, qu’il a qualifiée de « honte pour l’humanité » en rappelant qu’près d’un million de personnes ont déjà été déplacées. Notre rédaction note que Madrid met particulièrement en garde contre une potentielle invasion terrestre par Israël. Une telle manœuvre en territoire souverain constituerait, selon José Manuel Albares, « une énorme erreur ». Dans le même sillage, il a fermement dénoncé les récentes attaques ciblant la Force de maintien de la paix des Nations unies au Liban (FINUL), les désignant comme une violation systématique du droit international humanitaire.
Au-delà du front libanais, le ministre a craint que cette nouvelle phase du conflit ne relègue au second plan l’urgence humanitaire à Gaza et en Cisjordanie occupée. Il a rappelé que la deuxième phase du cessez-le-feu reste au point mort, que l’acheminement de l’aide est entravé et que l’expansion des colonies se poursuit.
Pour préserver les pays européens des répercussions de ces crises croisées, notamment la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation potentielle des flux migratoires, la diplomatie espagnole exige une cessation immédiate des hostilités. « Rien ne doit être fait qui ajoute de la tension ou de l’escalade. Il faut arrêter les bombardements, stopper le lancement de missiles contre tous les pays du Moyen-Orient », a-t-il conclu.

