À Madagascar, l’exécutif connaît une nouvelle reconfiguration majeure. Moins d’une semaine après avoir limogé l’intégralité de son cabinet, le président de la transition, le colonel Michael Randrianirina, a désigné un nouveau chef du gouvernement pour mener à bien son programme de réformes.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la présidence malgache a officialisé ce dimanche la nomination de Mamitiana Rajaonarison au poste de Premier ministre. Cet ancien haut gradé de la gendarmerie et administrateur civil de carrière dirigeait depuis 2021 le SAMIFIN, l’unité de renseignement financier chargée de la lutte contre les flux illicites, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Il est attendu qu’il forme sa nouvelle équipe gouvernementale sous peu.
Lors d’une cérémonie au palais présidentiel retransmise à la télévision d’État, le colonel Randrianirina a justifié ce choix par la nécessité de remettre le gouvernement « sur une voie propre ». « La nation malgache a besoin de décisions audacieuses. Nous sommes maintenant à un tournant », a déclaré le chef de l’État, précisant que le pays requiert une personnalité « intègre, de principe, incorruptible et qui ne peut être achetée avec de l’argent ».
Cette nomination intervient après la révocation, lundi dernier, d’Herintsalama Rajaonarivelo et de tous ses ministres, une décision actée sans explication officielle immédiate. Issu du secteur privé, ce dernier avait été nommé en octobre dans le sillage de la prise de pouvoir du colonel Randrianirina. Ce changement à la tête de l’État faisait suite à un mouvement de contestation initié en septembre par la « génération Z » contre les pénuries d’eau et d’électricité, qui s’était soldé par la fuite de l’ancien président Andry Rajoelina avec le soutien de la France.
Pour Velomahanina Razakamaharavo, chercheuse à l’Université de Reading citée par l’AFP, ce remaniement ne relève pas d’une décision purement spontanée. Elle souligne que les appels à des réformes plus profondes et les campagnes en ligne ont pesé sur le climat politique ayant conduit à cette éviction.
Depuis son accession au pouvoir, qu’il défend comme un transfert de compétences validé par la Cour constitutionnelle et non comme un coup d’État, le colonel Randrianirina met en avant un programme baptisé « Refondation ». Cette feuille de route, dont les contours ont été précisés fin février, prévoit une transition de deux ans. Elle inclut de larges consultations nationales jusqu’en 2026, la rédaction d’une nouvelle Constitution, et la tenue d’élections présidentielles programmées pour la fin de l’année 2027.


