La 98e cérémonie des Oscars s’est tenue à Los Angeles, couronnant les œuvres cinématographiques de l’année dans une atmosphère fortement imprégnée par les tensions internationales et le climat politique américain.
Selon les informations d’Al Jazeera, le thriller politique « One Battle After Another » du réalisateur Paul Thomas Anderson s’est imposé comme le grand vainqueur de cette édition. Nommé à treize reprises, le long-métrage a remporté six statuettes, dont celles du meilleur scénario adapté, du meilleur acteur dans un second rôle et du meilleur montage. Son principal concurrent, « Sinners » de Ryan Coogler, est reparti avec quatre récompenses sur seize nominations, incluant le prix du meilleur scénario original.
La soirée a été marquée par une anomalie statistique rare. Pour la septième fois seulement dans l’histoire de l’Académie, une égalité parfaite a été constatée lors des votes. Les œuvres « Two People Exchanging Saliva » et « The Singers » se sont ainsi partagé l’Oscar du meilleur court-métrage en prise de vues réelles.
Au-delà du palmarès, l’ombre de la politique américaine a plané sur l’événement. Si le nom du Président Donald Trump n’a pas été formellement prononcé par le présentateur Conan O’Brien ni par les intervenants, ses récentes décisions ont eu un impact direct sur la composition de l’assemblée. L’interdiction de visa ciblant 39 pays, instaurée par l’administration américaine, a physiquement empêché plusieurs figures nommées de se rendre à la cérémonie.
Parmi les absents contraints figurent la femme politique iranienne Sara Shahverdi, personnalité centrale d’un court-métrage documentaire en lice, ainsi que l’acteur palestinien Motaz Malhees, tête d’affiche du film nommé « The Voice of Hind Rajab ». Le réalisateur iranien Jafar Panahi, en lice pour deux statuettes, a pour sa part annoncé son intention de retourner en Iran à l’issue de la saison des prix.
Le contexte géopolitique, notamment les opérations militaires impliquant les États-Unis et l’Iran, a trouvé un écho direct sur la scène du Dolby Theatre. L’acteur espagnol Javier Bardem a profité de son passage au micro pour formuler une déclaration brève : « Non à la guerre, et libérez la Palestine ! ».
Les débats ont également porté sur les mutations technologiques de l’industrie. Plusieurs professionnels ont profité de leur temps de parole pour critiquer l’usage grandissant de l’intelligence artificielle dans la création cinématographique, une réaction directe à la diffusion récente d’une vidéo générée par les outils de l’entreprise ByteDance reproduisant les traits d’acteurs hollywoodiens.


