Les tensions à la frontière nord de l’État hébreu s’accélèrent, laissant présager une nouvelle phase dans le conflit en cours. Dans l’optique d’une potentielle incursion terrestre au Liban, les autorités israéliennes préparent une révision majeure de leurs effectifs militaires disponibles.
Selon l’agence Anadolu, qui cite les médias israéliens, Israël envisage d’autoriser la mobilisation de 450 000 réservistes. Le diffuseur public israélien KAN précise que cette mesure s’inscrit directement dans le cadre des préparatifs d’une opération terrestre au Liban. Actuellement, le plafond légal, fixé par une décision gouvernementale en janvier dernier, limite cette mobilisation à 260 000 soldats.
Cette augmentation drastique des effectifs n’est pas encore définitivement actée. La proposition doit prochainement être soumise aux ministres du gouvernement, puis présentée à la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset pour obtenir une approbation formelle.
Sur le terrain, l’armée israélienne étudie activement les options pour élargir ses opérations. Les forces israéliennes ont récemment frappé des infrastructures dans le sud du Liban, notamment un pont enjambant le fleuve Litani, affirmant que cet axe était utilisé par les combattants du Hezbollah. Les autorités israéliennes envisagent par ailleurs d’étendre la zone tampon dans cette région, tout en maintenant des consultations régulières avec les États-Unis.
Cette réorganisation militaire intervient dans un climat régional hautement volatil. Depuis le 28 février, Israël et les États-Unis ont mené des frappes contre l’Iran, entraînant la mort de centaines de personnes, dont l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei et plusieurs responsables sécuritaires. En réponse, Téhéran a lancé des missiles et des drones vers Israël et ciblé des intérêts américains dans divers pays arabes, provoquant des dégâts matériels et des pertes civiles condamnés par les États concernés.
Sur le front libanais, malgré un cessez-le-feu instauré en novembre 2024, le Hezbollah a repris ses attaques contre des sites militaires israéliens le 2 mars, en représailles aux opérations au Liban et à la mort d’Ali Khamenei. Le même jour, Israël a intensifié ses frappes sur la banlieue sud de Beyrouth ainsi que sur l’est et le sud du Liban, avant de déclencher une incursion terrestre limitée dans le sud du pays le 3 mars.

