La récente communication du Premier ministre Ousmane Sonko au sujet de la renégociation des contrats pétroliers continue d’alimenter le débat dans le secteur de l’énergie au Sénégal. Invité de l’émission « LR du Temps », l’expert pétrolier Ibrahima Bachir Dramé a estimé que cette question constitue un exercice particulièrement sensible pour l’État.
Selon lui, la volonté d’informer les citoyens peut être comprise, mais elle doit être conciliée avec les exigences de confidentialité qui entourent généralement les négociations dans l’industrie pétrolière. « C’est un exercice extrêmement périlleux pour l’État du Sénégal que de poser la question de la renégociation des contrats pétroliers », a-t-il déclaré.
L’expert explique que ce type de communication publique peut influencer la perception du pays par les investisseurs internationaux. Dans le secteur pétrolier, souligne-t-il, les compagnies procèdent à des analyses approfondies avant de s’engager dans un projet, en examinant notamment la stabilité politique, le cadre réglementaire et l’actualité nationale.
« Les pétroliers, avant de venir, mènent des enquêtes sur le pays. Ils suivent l’actualité, observent les réactions des populations et analysent l’environnement global des investissements », a-t-il précisé, estimant que ces paramètres peuvent peser dans les décisions d’investissement.
Pour Ibrahima Bachir Dramé, la communication autour de ce dossier sensible aurait pu être conduite différemment. Il suggère notamment qu’une prise de parole plus technique, portée par des institutions spécialisées du secteur, aurait permis d’éviter d’éventuelles inquiétudes sur les marchés.
L’expert évoque ainsi le rôle que pourraient jouer des structures comme Petrosen ou le COS-PETROGAZ (Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz), qui auraient pu, selon lui, assurer une communication « d’une manière beaucoup plus soft », tout en maintenant l’équilibre entre transparence publique et confidentialité des contrats.
Alors que le Sénégal entre progressivement dans l’ère de la production pétrolière et gazière, la gestion de la communication autour des contrats et des investissements apparaît comme un enjeu stratégique. Elle concerne à la fois la confiance des citoyens et l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.


