Trois inventeurs sénégalais se distinguent au Salon International des Inventions de Genève, qui se tient du 11 au 15 mars au Palexpo, en Genève. Ce rendez-vous mondial de l’innovation réunit cette année 1 430 inventeurs venus de 35 pays, présentant plus de 1 050 inventions évaluées par un jury international sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle.
Pour sa deuxième participation consécutive, le Sénégal aligne une délégation de sept inventeurs, dont trois profils particulièrement remarqués, renseigne lesoleil.sn visité par Senego. Entre fintech, énergie solaire et recyclage des déchets plastiques, leurs projets illustrent l’ambition d’une innovation africaine tournée vers des solutions concrètes pour le développement.
Maguette Sylla, l’innovation numérique au service du quotidien
Ancien professionnel des télécommunications et ex-consultant du Programme des Nations Unies pour le Développement en Afrique, Maguette Sylla s’est consacré depuis 2017 à la recherche et au développement technologique.
À Genève, il présente deux innovations. La première, Tera by Weccat, est une plateforme de transaction électronique basée sur une borne intelligente permettant d’agréger plusieurs portefeuilles crypto-mobiles grâce à une carte NFC. La seconde, Quitus, est un assistant scolaire reposant sur la biométrie. Ce système de pointage permet de suivre la présence des élèves tout en envoyant des notifications et alertes SMS aux parents, afin de renforcer la communication entre les familles et l’école.
Diouma Kobor veut révolutionner le rendement des panneaux solaires
Autre innovation sénégalaise présentée à Genève : celle du professeur Diouma Kobor, directeur général de l’Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables.
Son invention s’attaque à un problème majeur des cellules photovoltaïques : la perte de lumière due à la réflexion. Actuellement, 35 à 60 % de la lumière solaire peut être réfléchie avant même d’être convertie en énergie.
Le procédé développé repose sur une nanotexturation de la surface du silicium, obtenue grâce à une technique de gravure simplifiée. Cette innovation permet de réduire la réflexion à seulement 3 %, portant l’absorption lumineuse à plus de 97 %. Une avancée susceptible d’améliorer significativement le rendement des panneaux solaires et de soutenir la transition énergétique sur le continent africain.
Souleymane Ciss mise sur des micro-usines pour recycler le plastique
La lutte contre la pollution plastique est au cœur du projet présenté par Souleymane Ciss, géographe environnementaliste et chef de projet à Plastic Odyssey Factories Sénégal.
Son initiative, baptisée Sunu Plastic Odyssey, propose la mise en place de micro-usines de recyclage low-tech, installées dans des conteneurs et opérées par des entrepreneurs locaux. Ces unités permettront de transformer les déchets plastiques en produits utiles tels que pavés, tuiles ou mobilier urbain.
Le projet prévoit l’installation de dix micro-usines au Sénégal, la création de 150 emplois directs et le recyclage de 4 000 tonnes de plastique par an. En partenariat avec le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique, plus de 500 jeunes devraient également être formés aux métiers du recyclage. Un FabLab est par ailleurs prévu à l’École Polytechnique de Thiès pour accompagner cette dynamique.
À travers ces initiatives, les inventeurs sénégalais démontrent que l’innovation africaine peut répondre à des enjeux majeurs : inclusion numérique, transition énergétique et protection de l’environnement.


