Les hauts responsables des États-Unis et de la Chine ont entamé un nouveau cycle de pourparlers à Paris. Si l’objectif initial est de préparer le prochain sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, les discussions se retrouvent fortement influencées par les récentes turbulences sur le marché énergétique mondial.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, et le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, se sont réunis ce dimanche au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Accompagnée du représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, la délégation de Washington tente d’aplanir les différends commerciaux avec Pékin. À l’ordre du jour figurent la question des droits de douane, le flux de minéraux rares, les contrôles sur les exportations de haute technologie et les achats agricoles.
Ces consultations, prévues sur deux jours, doivent baliser le terrain avant une visite de Donald Trump en Chine, annoncée par Washington du 31 mars au 2 avril. Toutefois, selon Al Jazeera, ce calendrier diplomatique intervient dans un contexte économique mondial instable, marqué par les répercussions de la guerre israélo-américaine avec l’Iran.
L’impact de ce conflit sur les marchés de l’énergie s’est logiquement invité à la table des négociations. La flambée des prix du brut et la fermeture du détroit d’Ormuz constituent un enjeu critique, d’autant plus que la Chine y fait transiter 45 % de son approvisionnement pétrolier.
Face à cette tension sur les approvisionnements, Scott Bessent a annoncé une suspension de 30 jours des sanctions visant le pétrole russe bloqué en mer, une décision d’urgence destinée à réinjecter des volumes sur le marché. En parallèle, Donald Trump a exhorté la communauté internationale à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, à la suite des frappes américaines sur le terminal pétrolier iranien de l’île de Kharg et des menaces de représailles de Téhéran.
Sur le plan strictement bilatéral, les relations sino-américaines restent fragiles. Après une guerre commerciale intense en 2025, une accalmie avait été observée lors de la rencontre entre les deux présidents à Busan en octobre dernier. Néanmoins, de nouvelles enquêtes américaines sur la surcapacité industrielle chinoise et le travail forcé menacent de raviver les tensions.
Les analystes cités par Al Jazeera estiment que les chances d’une percée commerciale majeure à Paris sont limitées. Le temps de préparation restreint et la focalisation de Washington sur le Moyen-Orient réduisent les ambitions de cette rencontre, dont l’objectif minimal reste d’éviter une rupture définitive du dialogue.


