La tension franchit un nouveau palier dans la crise qui oppose Téhéran à Washington et Tel-Aviv. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a émis une nouvelle directive visant directement les intérêts économiques et technologiques américains déployés dans la région, appelant par la même occasion les populations locales à prendre des précautions immédiates.
Dans un communiqué relayé par l’agence semi-officielle Fars News Agency et cité par l’agence Anadolu, l’IRGC a formellement exigé le retrait de toutes les entreprises américaines opérant au Moyen-Orient. Pour appuyer cet ultimatum, les forces armées iraniennes ont publié une liste détaillée de sociétés opérant dans les secteurs industriel, énergétique et financier, les qualifiant désormais de « cibles légitimes ».
Parmi les multinationales visées figurent des acteurs majeurs de l’aéronautique, de la technologie et de la finance tels que Lockheed Martin, Boeing, Microsoft, Oracle, ExxonMobil, Citigroup, Amazon Web Services, le NSO Group, KKR, Boston Consulting Group, Bain & Company et Trafigura. Les installations ciblées se trouvent notamment à Amman, Abu Dhabi et Dubaï. Face à ce risque, Téhéran a exhorté les habitants résidant à proximité de ces bureaux et infrastructures à évacuer les lieux pour éviter tout danger.
La menace s’est déjà matérialisée sur le terrain. Le 2 mars dernier, Amazon a confirmé que trois de ses centres de données (deux aux Émirats arabes unis et un à Bahreïn) avaient subi des dommages physiques à la suite d’attaques de drones.
Cette annonce s’inscrit dans le sillage direct de l’offensive conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier. Ces frappes ont causé la mort d’au moins 1 300 personnes sur le territoire iranien, dont l’ancien Guide suprême Ali Khamenei. En représailles, Téhéran a déployé une série d’attaques de drones et de missiles ciblant Israël, la Jordanie, l’Irak et les pays du Golfe hébergeant des installations militaires américaines. Ces opérations continuent de perturber lourdement les infrastructures régionales, l’aviation et les marchés mondiaux.

